Re-animator

Dans L’Homme n’était pas fait pour savoir, Troy Howarth fait un tour du sous-genre cinématographique des histoires de savants fous aux résonances mythiques, en insistant à raison sur Frankenstein, influence majeure de Re-animator, puis continue à multiplier les références pour illustrer l’irruption naturelle de la comédie noire et de la parodie.
Dans Aux origines de la provocation : Stuart Gordon et la naissance de l’Organic Theater, Heather Wixson présente la formation de Stuart Gordon au contact du théâtre expérimental dans une révélation de la création coopérative, du potentiel subversif et de l’interaction avec le public.
Dans Herbert West : de la page à l’écran, Giacomo Calzoni et Eugenio Ercolani proposent une courte biographie de Howard Phillips Lovecraft, y puisant des explications au paragraphe raciste de sa nouvelle Herbert West, réanimateur, et soulignent une partie les similarités et dissemblances entre le texte et les films, adaptation qui en appelle d’autres.

Dans son approche du premier film de la franchise Re-animator, Heather Wixson montre les particularités de la démarche du tandem Brian Yuzna à la production et Stuart Gordon à la réalisation inscrivant le cinéma indépendant dans une alternative qui modernise le matériau d’origine et assure la cohésion du casting par des répétitions, conserve la médiation du narrateur de la nouvelle tout en l’enrichissant d’une présence féminine en lien avec le rôle du méchant. Le succès du film doit beaucoup au travail de montage qui équilibre la générosité de la performance et aux effets spéciaux qui le destinent à devenir culte par une exubérance à la fois clinique et grotesque.
Dans Richard Band : composer avec le macabre, Heather Wixson fait ressortir l’originalité du compositeur souhaitant diverger des codes contemporains du genre pour exprimer l’énergie divergente du film, thème qu’il adaptera à la mesure plus émotionnelle de sa suite avant d’être mis de côté par les contraintes européennes du troisième.
Les interviews de Jeffrey Combs, Bruce Abbott, Barbara Crampton, Brian Yuzna et Dennis Paoli, dirigées par Heather Wixson et Eugenio Ercolani, expliquent la réussite improbable du projet par une puissante symbiose entre les protagonistes.
Dans L’Empire contre-attaque : Charles Band et Re-animator, Mike Foster revient sur la carrière du producteur/distributeur/réalisateur et met en valeur la coïncidence de Re-animator avec l’esprit de l’écurie Empire Pictures.

Dans la naissance du second film La fiancée de Re-animator, Nanni Cobretti identifie le passage de Brian Yuzna à la réalisation comme un déferlement créatif autour d’une volonté affirmée de glisser vers un hommage à Frankenstein et une nouvelle équipe au scénario, la sortie simultanée de Society n’aidant pas à instaurer une stabilité. La présence de Jeffrey Combs, Bruce Abbott et David Gale ne peut pas neutraliser une exubérance chaotique venue d’une urgence de tournage se focalisant sur des effets spéciaux à profusion.
Une seconde salve d’interviews de Jeffrey Combs, Bruce Abbott et Brian Yuzna menées par Heather Wixson et Eugenio Ercolani restent plutôt évasives sur la qualité du film.

Les circonstances de la création du troisième volet de la série Beyond Re-animator introduites par Andrea Meroni instaurent la continuité d’un éloignement de l’esprit originel, Jeffrey Combs étant le seul rescapé parmi des équipes majoritairement hispaniques dans le sillage de la Fantastic Factory et l’humour prolongeant celui du deuxième film dans un manque de subtilité.
La dernière suite d’interviews de Jeffrey Combs, Brian Yuzna, Nico Baixas et Richard Raaphorst menées par Heather Wixson, Eugenio Ercolani et Andrea Meroni oscillent entre regrets à peine voilés et contentement un peu forcé.

Dans Re-animator : The musical et la vie après la mort, Heather Wixson montre la renaissance de la franchise dans un retour pour Stuart Gordon au théâtre pour une comédie musicale qui renouvelle l’interprétation, réinvente la performance dans la fidélité et l’évolution perpétuelle. Parallèlement, pour boucler l’histoire, Stuart Gordon et Dennis Paoli propulsent Jeffrey Combs dans Nevermore pour incarner Edgar Allan Poe.

Dans Herbert West : au-delà de la franchise, Eugenio Ercolani liste quelques œuvres s’inspirant de d’Herbert West, réanimateur.

Pour conclure, la nouvelle de Howard Phillips Lovecraft est reproduite, l’occasion de constater que pour l’adapter en films, malgré la référence ostentatoire de l’affiche, d’un côté la parenthèse raciste du narrateur est forcément supprimée, l’apparence d’Herbert West blond aux yeux bleus est modifiée, et de l’autre deux principes cardinaux sont bafoués par la présence du comique et de la sexualité afin d’assurer un succès populaire, faisant de Re-animator une trilogie à peine un tiers lovecraftienne.

Ce livre est superbe par sa couverte parcourue de vert fluorescent et son iconographie très riche qui habille un contenu éditorial plutôt complet.

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