
Un étudiant en médecine à Arkham devient l’assistant de son camarade Herbert West dont les recherches scientifiques sur un sérum permettant de redonner vie à un cadavre scandalisent l’Université Miskatonic mais ne le découragent pas dans sa quête de spécimen humains de première fraicheur pour ses expériences.
Tout d’abord, l’avantage narratif de cette adaptation réside dans l’absence de ce résumé de l’histoire, reformulé au début de chaque partie et hérité de la forme de feuilleton qui alourdit la nouvelle. Le récit est fidèle à l’original tout en prenant quelques libertés comme le témoignage du narrateur qui devient celui d’un vieillard quarante ans après les évènements au lieu de dix-sept, le choix intéressant de mettre en scène une vocation pour Herbert West dans son enfance à Boston auprès de son grand-père chercheur et de son père médecin, des détails comme la comparaison du Dr Halsey réanimé avec Big Foot, les filatures de laine à Bolton qui deviennent une tannerie ou l’injection du liquide de conservation dans le crane du cadavre de Robert Leavitt plutôt que dans le poignet, point commun avec le film de Stuart Gordon. Plus étonnante est la démarche consistant à escamoter le paragraphe ostensiblement raciste et le remplacer par des remarques humanistes totalement absentes de la nouvelle, pour ensuite contredire cette démarche par l’expression de l’opinion attribuant l’échec de l’expérience sur le boxeur à son appartenance ethnique tout aussi éloignée du texte originel, brouillant gratuitement le discours. Pourquoi supprimer le passage incriminant et en inventer un autre de toute pièce ?
D’un point de vue graphique, l’ambiance d’horreur gothique est parfaitement adaptée, crépusculaire et proche du clair obscur, ressemblant à la technique du lavis de sépia avec ses teintes ocre brun, valorisant le traitement des corps, les fulgurances gore de l’horreur biologique et la noirceur du propos.