Prométhée – Daniel Piret

Prométhée est envoyé par l’Imperium, de la planète capitale Proxis à la Terre en passant par un trou noir, pour une mission de secours sur les traces d’un vaisseau qui s’est écrasé au moment où une guerre nucléaire éclatait entre les autochtones, douze années en temps proxien et six cent vingt-trois ans en équivalent terrien plus tôt. Sur Terre, les Ohms survivent dans une société archaïque et amnésique, au milieu des ruines et des radiations, abandonnent leurs enfants anormaux grossissant les rangs des Omuts sanguinaires qui les harcèlent en retour. Prométhée tombe amoureux de la jeune et belle Ahova, fille d’un chef de clan, mais doit rentrer faire son rapport sur Proxis et lui promet de revenir.
L’aspect science-fictif sur un fond de space opera se mélange à l’approche de fantasy illustrant l’Histoire terrienne. La profondeur du récit réside dans le parallèle décalé, illustré par l’histoire d’amour qui unit Hahova à Prométhée, entre les deux versants de l’espèce humaine, entre la civilisation terrienne qui a sombré dans une régression post-apocalyptique ayant effacé une grandeur scientifique et l’Imperium en pleine ascension mais gangréné par l’ombre totalitariste de la Compagnie Intergalactique d’Exploitation des Sols qui n’hésite pas à écraser et supprimer toute opposition. La figure de Prométhée atteint sur Terre une dimension mythique et il est délivré de sa prison proxienne avec l’aide des Olgasaurs, espèce monocellulaire aux puissantes capacités psychiques et à la sagesse libératrice. L’histoire est classique mais bien construite, quand même radicale dans son injonction à abandonner toute incrédulité face à cette romance absolutiste apparue en trois jours dont la nature tragique ne peut pas tenir, son issue dégoulinante de bons sentiments étant assez vite prévisible par la présentation des travaux de Dodéa, compagne de Prométhée sur Proxis, pour développer une technique de rajeunissement cellulaire.