La main de Zei – Lyon Sprague de Camp

Sur le chemin du retour, après le sauvetage de Zeï des griffes de Sheafasè, la disparition de Zakkomir dans une diversion et l’impossibilité de récupérer Igor Shtain hypnotisé qui se prend pour un véritable pirate, l’équipage du Shambor se mutine et abandonne le duo enamouré sur l’île maudite de Fossanderan, les obligeant à bricoler un radeau pour gagner le continent.
La première partie de cette suite directe se consacre à une longue course-poursuite sur les eaux, impressionnante dans le foisonnement de détails techniques sur la navigation maritime et sur les différents types de voilure, détaillant même une reconfiguration en pleine action. L’expédition de sauvetage à moitié ratée laisse la place à une confrontation plus franche et oblige Dick, cette fois accompagné par George, à accepter de commander une armada constituée des forces des nations côtières alliées sous l’impulsion de la reine Alvandi de Qirib. Par rapport au tome précédent, les quiproquos sur l’identité d’emprunt de Dirk usurpée à un grand général Nyamien et les plaisanteries sur le sort funeste des rois de Qirib assurent la continuité dans l’humour et la figure récurrente de Vizqash bad-Murani sous le nom pirate de Gizil bad-Bashti apporte un chemin de résolution dans le conflit sexiste entre Qirib et les pirates du Sunqar ayant fui la matriarchie. Mais le récit demeure axé sur le divertissement léger et aventureux, malgré une diversité géographique beaucoup plus restreinte, évitant une vraie profondeur éthique, abordant plus frontalement la question du colonialisme tout en restant assez vague, louvoyant entre l’instauration d’une démocratie et d’une constitution, l’organisation d’un soulèvement militaire masculin, une image un peu brouillée du féminisme (Zeï exprime volontiers sa soumission volontaire à la volonté de Dirk) et un projet capitaliste salvateur pour le héros.

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