Zei – Lyon Sprague de Camp

Un conseil d’administration improvisé de la Shtain & Cie désigne Dirk Barnevelt le rédacteur attitré du patron et George Tangaloa le xénologue pour retrouver le vieil explorateur Igor Shtain disparu dans le Sunqar au sud de la planète Krishna, un marais nauséabond empli d’algues, de monstres marins et d’une cohorte de pirates sanguinaires.
Le récit se développe dans une structure de dualité, d’antagonisme et d’opposés qui s’attirent jusqu’à la schizophrénie. Les motivations de la fantasy traditionnelle s’expriment au travers de Tangaloa par son appétence pour l’étude ethnologique des peuplades exotiques, et de Barnevelt par son dépassement du complexe d’Œdipe, incarnation bifide de l’affirmation de soi, du voyage dans l’inconnu, de la quête d’identité et de l’initiation au courage, désinhibant deux personnalités contraires mais réticentes à la violence, la première étant affable et expansive loin de ses femmes et la seconde réservée et angoissée loin de sa mère. Les règlements du Conseil interplanétaire interdisent la contamination technologique, l’immersion est donc totale dans une aventure qui se déroule à bord de véhicules tirés par des bêtes de somme et des bateaux, avec des armes rudimentaires. Le thème de la dissimulation est central, les deux compères sont déguisés en explorateurs connus originaires du Niamadze, contrée montagneuse du nord, sous l’identité de Tagde de Vyutr et Snyol de Pleshch avec des antennes collées au front, des prothèses pointues aux oreilles et une teinture verdâtre de la peau, pour la crédibilité et surtout pour se soustraire à l’animosité vis-à-vis des Terriens, source inépuisable de situations comiques. En chemin, les pirates sous les ordres du reptilien Sheafasè de la planète Osiris attaquent Ghulindé, capitale de la monarchie matriarcale de Qirib, enlèvent la princesse Zeï et blessent Tangaloa. Zakkomir bad-Gurshmani un pupille du trône le remplace auprès de Barnevelt pour mener à bien l’expédition qui devient un double sauvetage. L’humour comme un moteur est assez communicatif, la bonne humeur prégnante et la prise de recul nécessaire, pour garantir un vrai divertissement et atténuer l’état d’esprit de 1950 pour sa publication qui fait miroiter les avantages du patriarcat pour protéger un royaume et les inconvénients d’une gent masculine domptée par le janru, une drogue produite dans le Sunqar, et un arsenal de lois à l’image du rite de la décollation et de la dégustation du roi tiré au sort pour un exercice de soumission d’un an auprès d’une mante religieuse.

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