
Après avoir bousculé par inadvertance une jeune femme dans la rue, Néon se retrouve ligoté à un panneau de signalisation par de la barbe à papa. Plus tard, il parvient à retrouver la trace sa tortionnaire, qui se fait appeler docteur Fer, grâce aux renseignements donnés par son ami informaticien Pixel.
L’ambiance totalement surréaliste apparente le récit à un fantastique exubérant plutôt qu’à une science fiction nonchalante, les expériences du docteur Fer convoquant un occultisme à la présentation désordonnée et aux explications escamotées tout à fait raccord avec la société dystopique décrite par Néon, un Loup solitaire qui survit de meurtres et de rapine en compagnie d’Eau, justement victime d’un sort qui la fait léviter au-dessus du sol. Le terrain de jeu des péripéties mouvementées de Néon est une Ville immense composée de villages hétéroclites et devenue après des émeutes un théâtre de confrontation entre criminels et forces de sécurité avec barricades et systèmes de protection impitoyables. Le bricolage hermétique empreint d’une magie combinant cadavres et bibelots en un assemblage topologique, aux effets proches de perturbations quantiques, excite la convoitise de Néon qui reconstitue sa meute de Loups pour prendre d’assaut la Folie de Fer, immeuble d’habitation transformé en entrepôt de sorcellerie mouvante, et donne lieu à un summum d’action opérant une rupture avec un texte très descriptif qui se limitait surtout à des saynètes et des interminables inventaires d’objets loufoques, entérinant aussi la prédilection jubilatoire et bienvenue pour des éléments gore. Le manque de sérieux et l’unique objectif de divertissement de ce court roman correspond à la démarche créative d’Emmanuel Jouanne et à l’humilité de la structure globale de l’histoire en forme de parenthèse abstraite dans une mise en abyme imaginative et une bulle cyberpunk d’énergie mémorielle exploitée par une savante folle.