
Après les quatre années promises de répit, la Reine se manifeste à nouveau pour reconstituer le sceptre magique Locnar et invoquer la puissance cosmique du Dieu Uluhtc. Les Pierres de Nar étant indispensables à ce projet, Den se joint à l’expédition lancée par Zeg pour s’en emparer dans leur cachette au sein d’une ruche abandonnée des Dramites à Muvovum.
Cette suite rebat les cartes, dévoilant au bout de la longue ellipse une situation pleine de comédie, Kath a changé et ne supporte plus la sauvagerie, au point de développer le désir de rentrer sur Terre et de forcer Den à porter un costume-cravate qu’il s’empresse de retirer, comme un rite de réaffirmation nudiste titillant la pulpeuse Muuta déjà convoitée par Tarn le petit-fils assez peu viril de Zeg. Une fois les Pierres de Nar récupérées et Kath renvoyée sur Terre grâce à elles, la figure du triangle amoureux dont le sommet était Den assailli par Kath et la Reine dans le premier tome est redistribué, nourri par la jalousie de Tarn envers Den qui est courtisé par Muuta. Parti à la recherche de sa bien-aimée qui l’a repoussé, Tarn se perd à Muvovum et se retrouve captif des Dramites. Avec l’apparition de Jord, humain maintenu contre son gré dans une prison dorée d’une ruche, l’horreur biologique éclate dans des pages presque muettes qui hurlent la folie pure, la contamination hallucinante d’un raffinement satanique, supplice de l’âme et de la chair qui va culminer au cours du siège de l’île de Minimuut par l’essaim de créatures et la confrontation entre Den et Tarn transformé en boursouflure cancéreuse et matrice vorace. Ce second volet mérite les dithyrambes qui lui sont adressés, par sa cohérence graphique et sa surenchère narrative, des contrées sont ajoutées et Den se bat aux côtés des peuples contre un ennemi pullulant d’une organisation disciplinée proche des termites, les séquences de la page 52 à 60 et de la page 99 à 105 sont inoubliablement terrifiantes, joyaux vénéneux d’une dimension mythique.