
Basti Adrian a été exilé de Planète Morhaut pour s’installer sur un des satellites abritant des humains réduits en esclavage par les Sharouns affublés de sabots. Lors d’une expédition pour enlever les plus belles femmes, le Sharoun de Galicad est égorgé par Basti qui s’enfuie avec la jeune Kryl à bord d’un transmutateur empruntant l’hyper-espace.
Le roman s’ouvre sur une fantasy classique dans son approche d’une partie de l’Humanité tyrannisée par un peuple de mutants à la brutalité archaïque, avec un apport science-fictif minimal concernant la technologie de déplacement. Le nœud de l’intrigue se forme autour de l’arrivée inopinée de Basti, accompagné par Kryl, dans le bureau de Kovar, chef de la police de Galicad empêché de devenir le nouveau Sharoun par la traitrise de celui de Tazir qui compte s’approprier les deux Sharouneries rivales, et du pacte scellé entre Basti et Kovar lors de la fuite du trio vers Planète Mendis pour concrétiser la modification du transmutateur en arme absolue faisant disparaitre dans l’hyper-espace ce qui est visé, idée terrible à l’origine du bannissement de Basti. Le développement du récit se fait au gré des alliances équivoques et des différentes motivations, le désir de libération des humains des satellites pour Basti, la volonté de devenir Sharoun de Galicad et plus encore pour Kovar, l’ambition d’expansion pour Dame Germille la Régente humaine de Planète Mendis et l’incrédulité méfiante de Planète Alyacet au sommet de l’évolution technologique. La misogynie qui s’exprime au travers des deux seuls personnages féminins antagonistes, d’un côté Kryl naïve à la fois nyctalope et capable de voir ce qui se passe derrière les portes, aptitudes vraiment accessoires, et de l’autre Dame Germille manipulatrice, correspond bien au contexte de fantasy âpre et caricaturale. Mais au-delà de ce choix formel compréhensible, la dimension éthique assez confuse ne montre pas d’ambition à propos de la responsabilité dans l’utilisation d’une arme de destruction massive et du poids culturel des traditions volontairement rétrogrades. Le parallèle avec la bombe atomique est à peine effleuré, le problème de la traite des femmes est résolu par la guerre, l’histoire se resserre sur le couple enfin formé par Basti et Kryl dans une amnésie escamotant toute portée morale et abandonnant tout souci des autres.