Sabotage sur la planète rouge – Christian Grenier

Sur le chemin du retour entre son collège et son habitation familiale, Philippe Laumet aperçoit au loin une lueur rouge, s’en approche et découvre une soucoupe volante stationnée et inoccupée. Après avoir tenté sans succès de prendre en photo le vaisseau, Phil accompagne son père sur son lieu de travail dans le Centre spatial pour assister à la préparation d’une mission à destination de Mars et repère une silhouette nimbée d’une lumière rouge furetant parmi les ordinateurs de calcul. Lancé à sa poursuite, Phil reconnait son camarade de classe José, réussit à atteindre avant lui l’astronef mystérieux, grimpe à bord et s’envole après avoir manipulé le premier levier venu.
Pour son premier roman de science fiction, destiné aux 10-12 ans et édité en 1972, Christian Grenier use de l’anticipation afin de propager un intérêt pour la conquête spatiale et satisfaire un goût pour l’aventure. Mais l’aspect scientifique demeure anecdotique, au travers de quelques banalités, et se retrouve phagocyté par des idées totalement invraisemblables plutôt héritées d’une fantasy exubérante qui fonctionneraient bien dans un système stellaire exotique, alors qu’en l’appliquant à notre réalité le texte abandonne toute extrapolation crédible et projection dans un apprentissage. Que la soucoupe volante voyage dépasse la vitesse de la lumière sans explication passe encore et permet opportunément de réduire le nombre de pages consacrées aux voyages, mais la fantasmagorie s’installe sans vergogne avec l’histoire d’un extra-terrestre humanoïde infiltré qui empêche les terriens de s’approcher de Mars pour dissimuler le fait que son peuple affamé cultive à l’air libre une sorte de luzerne, dans des champs sans canaux ou système d’irrigation indiqués, qu’ils expédient chez eux à partir du satellite Phobos, corps céleste pas du tout naturel mais une coquille creuse abritant la base opérationnelle des Amniens. Phil fait donc connaissance avec les Amniens qui ne sont pas méchants, juste secrets et méfiants, s’entiche de la traditionnelle bestiole mignonne, ici un singe croisé avec une chauve-souris télépathe, et tombe par hasard sur les Gribls, espèce humanoïde impérialiste dirigée par un dictateur. Ce divertissement calibré pour les jeunes garçons et garanti sans personnages féminins, sauf la mère de Phil en femme au foyer qui dit trois mots au début et à la fin, reste ancré dans la société des années 60, implique un retour de l’incrédulité après lecture, car une fusée conventionnelle ne se lance pas de la Picardie, et développe parfois un rapport particulier au complot.

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