Les Semeurs de Mirages – Jean-Marc Ligny

Dan Tiger est un créateur de rêves pour Sweet Dreams qui se retrouve happé en dehors de la réalité dans un paysage sauvage par deux silhouettes et dirigé sur un sentier serpentant jusqu’à une mystérieuse maison.
Le roman s’ouvre sur un onirisme cyberpunk révélant le contexte dystopique d’une société de contrôle qui repose sur une technologie rendue nécessaire en se substituant par une connexion via des brain-drains à la capacité naturelle de rêver devenue inutile. Une fantasy de quête libératrice face à un capitalisme aliénant vient se greffer à la dimension science-fictive par le passage forcé de Dan Tiger derrière le voile de la manipulation totalitaire pour rejoindre, grâce à Castor et Pollux les Semeurs de Mirages qui altèrent le continuum spatiotemporel, le camp des Voleurs de Rêves en rébellion sous la figure tutélaire de Candyman et pour découvrir l’amour au contact de Faërie, fille de Rob R. Rozzer le chef du Service de Répression des Fraudes devenue cambrioleuse. L’action se concrétise alors dans le côté polar qui met en scène l’acharnement du SRF à traquer les Voleurs de Rêves, avec en filigrane le conflit ouvert entre Rob R. Rozzer et des dirigeants d’entreprise, soutenu par l’enquête visant un trafic de plaquettes noires qui contiennent des cauchemars abominables. Dans sa linéarité, le récit déploie son intensité divertissante par un contraste extrême entre l’humour de la médiocrité malchanceuse des victimes de braquages, soulignée par la candeur de Dan Tiger, et la violence exacerbée qui forme une menace constante et s’abat sur Faërie dans une avalanche pornogore de tortures psychiques. Sans être une révolution littéraire, le texte est d’une efficacité redoutable aux multiples facettes en clair-obscur qui introduisent ce cycle en faisant miroiter des questionnements sur la réalité quantique au travers des deux Semeurs de Mirages et la surhumanité par les aptitudes fantastiques de la brute SkyWalker et du gnome hypnotiseur Moovoo.

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