Bifrost 34

Dans La Pucelle enfumée de Jean-Pierre Andrevon, Maïssé-27 et Rahu-93 sont des agents temporels chargés de garantir l’efficience historique du destin de Jeanne d’Arc. Le point de départ de cette mission étant basé sur des témoignages indirects et un déroulement souvent invérifiable, le duo constate que la véritable et réticente Jeanne n’est pas à la hauteur de sa légende forcément embellie. La décision est prise de remplacer la Pucelle par Maïssé-27 briefée sur la trajectoire de la trame des évènements et l’enchainement de la causalité à déployer. L’incrédulité provoquée par le décalage des époques pousse à un interventionnisme qui dégénère et flirte avec le paradoxe contre-productif, prouvant que la manipulation du passé peut provoquer une bifurcation en faveur d’intérêts contraires.
Dans Voyage au bout de l’Europe de Gilbert Millet, le général Cavaignac en 1848 charge Vidocq de supprimer Victor Hugo qui soutient la fédération des Révolutions à l’échelle de l’Europe continentale. Louis Destouches en 1932 imagine dans un roman, à la place du conflit entre la France et le Royaume-Uni en 1914, une France indépendante et la constitution d’un impérialisme d’une Allemagne prussienne dont la confrontation accouche d’une haine menée par un peintre raté. Ce texte montre la résistance de la trame aux modifications, peu importe les bifurcations, la voie de l’historicité est impénétrable.
Dans La Nuit du Grand Duc de Johan Heliot, les Ligues ont choisi le jour de la demande d’investiture du gouvernement de Daladier pour leur tentative de putsch mais c’était sans compter sur l’intervention d’un lieutenant-colonel professeur d’Histoire à l’École Militaire. Le récit déploie une ambiance insurrectionnelle pleine d’action dans la grande tradition des héros costumés et réserve à De Gaulle un rôle différent de sauveur de la République.
Dans Sisyphe et l’Étranger de Paul Di Filippo, Albert Camus en tant que fonctionnaire indispensable par sa compétence organise depuis son bureau du Palais impérial d’Alger les festivités d’anniversaire de la découverte des rayons N et l’avènement de l’Empire français. Dans ce contexte de monopole technologique hérité de la victoire éclair dès le début de la Première Guerre mondiale et de l’essor implacable de l’Empire, la monotonie absurde vécue par Camus n’est pas même brisée par un faux dilemme que lui présente un homme venu d’une autre dimension.
Dans Cinépanorama de Xavier Mauméjean, un homme après une enfance mouvementée entre placement en famille d’accueil et scolarité chaotique est envoyé à la guerre en Indochine, son retour à Paris après avoir perdu un œil dans un accident de voiture le mènera au cinéma.
Dans Le Seigneur Cordwainer : une interview de Sébastien Guillot, l’entretien avec Org présente la réédition du cycle chez Folio SF, sa réorganisation éditoriale, son harmonisation signée Pierre-Paul Durastanti et ses illustrations de Manchu.
Dans Johan Heliot : le Hacker de Faërie, l’entretien avec Richard Comballot revient sur le début de carrière de l’écrivain jusqu’en 2004, la diversité des genres littéraires explorés, ses principales influences et sa formation d’historien, s’attardant sur l’inévitable La Lune seule le sait.
Dans Pour un panorama de l’uchronie en France de Pedro Mota, la relative pauvreté de l’uchronie française s’explique par un dogmatisme académique rejetant la pertinence de possibles non réalisés, la frilosité concernant certaines périodes et épisodes, l’exigence de connaissances préalables en Histoire du lectorat et la récupération idéologique d’une minorité qui escamote tout le travail rationnel de mise en perspective. Cet article fait un état des lieux du particularisme national des périodes de divergence prisées et propose un guide de lecture qui ne se limite pas à la science fiction.
Dans Scientifiction : En route pour Mars ! de Roland Lehoucq, le déroulement d’un voyage jusqu’à Mars est décortiqué par le prisme de la physique, le calcul de la bonne période pour le décollage et la trajectoire sur une ellipse de Hohmann prenant en compte le mouvement relatif des planètes, le freinage à l’arrivée pour se mettre en orbite, sans oublier les contraintes de charge utile d’un véhicule habité. Les conditions à la surface sont dictées par la faible gravité et l’absence de champ magnétique occasionnant le profil géologique de gigantesques volcans sur une planète dépourvue d’atmosphère.
Dans Toutes pinces dedans de Frederik Pohl, l’auteur se replonge dans les années 20 et 30, les difficultés économiques des États-Unis, sa découverte du Cycle de Mars d’Edgar Rice Burroughs et ensuite d’Edward Elmer Smith évoquée dans une vibrante indulgence avec le recul et retenant surtout les idées transmises d’échappatoire à la morne réalité, ses débuts comme éditeur de magazines à 19 ans, l’histoire derrière l’écriture de Planètes à gogos et sa conception du métier d’écrivain recomposant des influences diverses et se nourrissant d’expériences personnelles.

Appel d’air

Ce recueil est contextuel, constitué de textes composés dans l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle en 2007, expressions subjectives de trente artistes qui rejoignent leurs visions intemporelles sur la société ; la poésie du choc et de la réaction fédératrice qui loue la bonne volonté sans céder à l’égoïsme et aux lieux communs de Fabrice Colin ; la courte chronique romancée et anarchiste qui exprime les rêves abstraits de la rue concrète de Claude Mamier ; le cauchemar policier de l’abus de pouvoir pathétique de Stéphane Beauverger ; la dystopie administrative qui s’attaque à l’esprit libertaire et anticapitaliste de Roland C. Wagner ; l’anticipation déshumanisée du travailleur dans un système boursier basé sur le potentiel biologique converti en actions et dividendes de Francis Mizio ; la dénonciation de l’engrenage du racisme institutionnalisé et de la violence banalisée dans les services de police de Thomas Day ; la crainte d’une xénophobie gastronomique appuyée par un pistage numérique des consommateurs de Sylvie Denis ; la description acide d’une société de contrôle automatisé pourvoyeuse d’injustices et de solitudes de Patrick Eris ; le triste constat d’une société future de prédétermination génétique stérile parmi des androïdes d’Olivier Tomasini ; l’entrée en clandestinité des artistes face à l’injonction au travail productif et la menace de réquisition en usine ou à la mine de Markus Leicht ; le psaume présidentiel à la gloire de la conversion sociopolitique imposée et profession de foi mégalomane d’un redresseur de torts borné de Claude Ecken ; l’anticipation de la restriction drastique du droit de vote de Jean-Marc Ligny ; le plaidoyer chiffres à l’appui pour la prise en compte de la situation des sans-abri de Li-Cam ; le constat poétique de la disparition en pratique de la devise républicaine de Charlotte Bousquet ; le glissement de la société vers l’absence de confidentialité des données personnelles devenues critères de citoyenneté et le basculement vers la sous-traitance des services de sécurité de Johan Heliot ; le cauchemar de l’interdiction officielle des livres de science fiction aux moins de dix-huit ans de Jean-Pierre Fontana ; la mise en scène par lui-même de la reconfiguration neurale de Serge Lehman ; le rapport circonstancié d’une pratique artistique clandestine lors d’un rassemblement culturel non déclaré et réprimé de Joëlle Wintrebert ; la dénonciation d’une dérive gouvernementale rapprochant chômage et génétique confondant causes et conséquences de Sylvie Lainé ; le court pamphlet sur la paresse et la lâcheté d’un système de certitudes de Vincent Wahl ; la petite ballade dans un dictionnaire avec une sélection de mots à l’étymologie qui fait sens d’Alain Damasio ; l’article survolté sur les cents premiers jours du nouveau président de Jean-Pierre Andrevon ; l’illustration de la promotion sociale par la pureté génétique de Laurent Whale ; la fable aux accents de fantasy sur un système politique mêlant le royalisme à la démocratie et un souverain obnubilé par la génétique de Francis Berthelot ; l’anticipation rétrospective simplement magistrale d’un professeur en histoire de la politique sur les mécanismes de l’élection de Simon Sanahujas ; le conte futuriste d’une Intelligence Artificielle qui parvient à transformer une dictature en démocratie de Lucie Chenu ; la parabole funèbre et poétique dans une personnification des régimes politiques d’Ugo Bellagamba ; la poésie symbolique de Lise N. ; la dénonciation de la mégalomanie ubique et du désir d’omnipotence présidentiels d’Alain Damasio ; les mentions légales remises au goût du jour de Catherine Dufour.
Ce livre combine une grande diversité et une intense densité, renfermant les craintes sur la mise en danger de principes éthiques et des projections de dévoiements technologiques et scientifiques, qui parfois font sourire et la plupart du temps, avec du recul, donnent des frissons jusqu’à la nausée.

Bifrost 25

Dans Les Voltigeurs de Gy de Ursula K. Le Guin, le peuple Gyr arbore des plumes multicolores évoluant au cours de leur vie comme les humains se couvrent de poils et seulement une partie d’entre eux se verra pousser sans prévenir des ailes à la maturité. Ce conte poétique prend la forme d’une étude ethnologique qui atténue la féérie initiale et, par des témoignages, rend l’approche sociologique réaliste qui affirme la liberté de choix individuelle au-delà d’une détermination biologique, dans une métaphore très actuelle sur l’identité et la tolérance.
Dans Trouver son cœur et tuer la bête de Johan Heliot, la guerre fait rage en Autriche et en Afrique, l’Empire compte sur la bête ultime sortie de terre à Panama pour faire basculer le conflit alors qu’Arthur est chargé par le réseau de résistance de contrecarrer ce plan. Retrouvant l’ambiance et les personnages de La Lune seule le sait, cette nouvelle déroule l’uchronie steampunk à la technologie terrifiante et surtout la dimension politique qui illumine l’ignoble contexte par un espoir fou et un idéalisme volontaire.
Dans À Mélodie pour toujours de Michel Demuth, David Donato est un meurtrier pornographe arrêté par l’Union religieuse et soumis à une torture psychique. Cette expérience cyberpunk présente un monde dystopique contrôlé par les instances religieuses fondamentalistes aux visées génétiques d’hégémonie liberticide.
Dans Voisin, voisine et autres monstres de Guillaume Thiberge, une vieille dame meurt dans un quartier miséreux et laisse sa place à un jeune couple avec deux bambins. Cette nouvelle est d’une noirceur insondable, passant d’une chronique sociale désespérée de déliquescence poisseuse à un affrontement de sorcellerie grandiloquente dans une métaphore mystique de l’enfermement conditionné dans la marginalité et la précarité.
Dans Le djinn qui vivait entre nuit et jour de Bruce Holland Rogers, le djinn Tayab rend visite au djinn Al-faq pour lui raconter son dernier méfait. Ce très court conte fait preuve d’un sens de l’humour démoniaque.
Dans Être ou ne pas être un disney de Sylvie Denis, l’identification de la fonction profonde de la science fiction réflexive au travers de Bleue comme une orange et Il est parmi nous de Norman Spinrad mène à des réflexions sur la portée de l’anticipation, la constitution de futurs réalisables et l’éveil des consciences en direction d’une responsabilité individuelle qui participera au bien commun à l’échelle de l’espèce, expression de l’essence même de cette littérature dans son inspiration philosophique en-deça de sa surface divertissante, situation transitoire qui avec du recul ne fait que durer d’une manière exaspérante.
Dans Nancy Kress : un entretien de Tom Clegg, l’autrice revient sur ses débuts entre science fiction et fantasy, l’apport tardif du thriller et de la hard science, son ressenti sur la place de la femme dans cette littérature, un entretien judicieux à une époque où son travail était peu traduit.
Dans Michel Demuth ou la nostalgie de l’avenir, Richard Comballot aborde avec l’auteur sa longue carrière entre écriture, édition et bien d’autres domaines, avec beaucoup d’anecdotes, sincérité, humilité, nostalgie et lucidité par rapport à sa créativité spontanée proche de l’écriture automatique, un cheminement habité par l’amitié simple et son admiration pour certains auteurs, multiples activités qui ont repoussé la possibilité de clôturer Les Galaxiales (fait en 2022 en son absence), une vision inestimable sur la science fiction.
Dans Scientifiction : apprivoisons le Soleil de Roland Lehoucq, la vie de l’étoile est basée sur un équilibre entre la contraction gravitationnelle et le processus de fusion nucléaire qui émet un rayonnement, mène doucement à une déperdition calorifique et à une dilatation de son enveloppe suite au manque de carburant, menant l’astre au stade de géante rouge qui souffle tout le système planétaire. Les idées pour empêcher cette évolution invasive et destructrice de la vie sur Terre restent hypothétiques, reposant soit sur la fuite, soit sur une intervention au bon moment pour raviver l’étoile.
Dans Amazing Stories, une sensationnelle histoire, quatrième partie, les années 50 : les mondes de rêve de Mike Ashley, Howard Browne est à la tête d’Amazing avec l’idée d’en faire une publication plus raffinée dans la forme, le fond n’évoluant pas vraiment, et lance Fantastic qui correspond mieux à ses goûts moins scientifiques. Le saut qualitatif ne prend pas, la guerre de Corée s’annonce, le format digest s’impose, la réalité éditoriale reste un peu floue entre continuation pulp et avant-garde plus adulte et le bilan de Browne en 1958 n’est pas fameux du tout.

La Harpe des étoiles – Johan Heliot

Les primo-humains ont créé les néo-humains qui se sont rebellés et les ont exterminé, excepté l’Abelle dernier vaisseau disparu dans les Confins. Teer-Elben est un Nomade, voyageur indépendant forcé par un commanditaire anonyme à enquêter sur des rumeurs de réapparition des primo-humains, en compagnie d’une Berserker glaciale, d’une Diaphane chipie, d’une petite bête bizarrement mignonne et d’une haut-gradée à la tête de la nef diplomatique qui les transporte.
Ce space opera sérieux se focalise sur le personnage principal et développe autour de lui un univers complexe, une culture basée sur les castes et sur un héritage technologique volé, procédé de transmission de nano-composants utilisé sans vraiment le comprendre. D’un autre côté Teer-Elben est né pour voyager, être seul et en mouvement en dehors de toute sociabilisation, cultivant un lien astral avec ses ancêtres. Le retour de l’espèce humaine originelle cinq mille ans plus tard menace le pouvoir du Maitre des Mailles. L’environnement s’installe avec un passif sous-jacent obscurément évoqué de menace et de hantise, de haine et de culpabilité à l’échelle des espèces pour qu’éclatent ensuite l’action et les révélations. L’histoire atteint une ampleur mythologique, cyberpunk et métaphysique, par l’accomplissement divin des premiers humains devenus Créateurs et maitrisant la théorie des cordes appliquée à l’ingénierie, et l’infériorité des néo-humains est à la hauteur de leur hargne à conserver le pouvoir usurpé. La construction du récit s’appuie sur des mises en abyme et une prédétermination qui jaillit de l’obscurité avec une grande vitalité, abordant les questions de devoir de mémoire et renonçant à la légèreté psychédélique commune dans le genre pour se concentrer sur une ambition universaliste.

Faeries 4 Spécial Jack Vance

Dans La révolte des Fées Dragée de Mike Resnick, Arthur trouve sept individus féériques les pieds collés dans une flaque de cola séchée dans sa cave, compromettant leur vengeance à l’encontre du milieu artistique humain qui les ridiculise. Ce conte de fées parodique montre que l’argent peut donner une existence à la magie cynique et enfantine.
Dans Morreion de Jack Vance, un groupe de magiciens part à la rescousse de Morreion, abandonné sur une planète en sursis après un conflit avec le peuple archiplume, et à la recherche de pierres IOUN. Ce space opera à bord d’un palais volant renferme un voyage en huis clos de magiciens roublards dans une ambiance légère et décalée.
Dans le dossier inédit sur Jack Vance, Philippe Monot présente les rapports de l’écrivain avec la fantasy et la science fiction, la prédominance du voyage, les sociétés médiévales et la technologie, la magie et la description d’un futur. Cugel est une incarnation de Jack Vance, espiègle bourlingueur. Jacques Garin participe ensuite à la description de Lyonesse, fantasy antérieure au roi Arthur. Yannick Degiovanni aborde Tschaï, récit d’exploration avec un héros déterminé, amoureux de la liberté dans le déplacement parmi un bouillonnement ethnologique.
André-François Ruaud présente l’œuvre d’Alan Brennert, des textes de fantastique, sensibles et subtils, à la frontière des genres.
P. J. G. Mergey montre la complexité de Replay par Ken Grimwood comme uchronie personnelle.
Dans L’ange de la miséricorde de Jean Millemann, se déroule un témoignage d’auberge, de taverne de marins bretons ballotés entre légendes païennes et christianisme.
Dans Aucun père si dévoué de Johan Heliot, Carole est engagée dans un bazar par le propriétaire, un vieux monsieur mystérieux qui s’adonne à un marché parallèle pour de riches clients. Cette histoire déploie un fantastique monstrueux et tendu psychologiquement.
L’intérêt de ce numéro réside dans le dossier et la nouvelle de Johan Héliot, tous deux inédits et prenants.

Création – Johan Heliot

Localiser le récit au Proche-Orient peut sembler risqué mais le conflit israélo-palestinien est escamoté, se concentrant sur le statut du berceau des religions monothéistes ; la question du créationnisme est centrale. Trois histoires sont torsadées ; une botaniste moléculaire rejoint une équipe scientifique pluridisciplinaire sous l’égide d’Israël pour étudier un arbre étranger à ce que l’homme connait ; un militaire français est en opération dans le désert puis se retrouve dans un immense verger aux mille dangers après un accrochage ; un journaliste est engagé par un webangéliste pour partager avec le monde entier leur accès au jardin d’Eden.
Tout mène à la preuve de l’existence matérielle de ce lieu plutôt considéré comme symbolique, et à l’identification des créateurs de l’humanité par-delà les dimensions. Se baser sur les manuscrits de la Mer Morte est une très bonne idée, et les phases d’action sont palpitantes. Tout mène à la transcendance d’un point de vue cosmologique, et surtout la foi comme boussole, ce qui n’est pas sans rappeler ce qu’écrit Bernard Werber. Le résultat est solide, bien construit et rythmé, développant le thème classique de l’évolution de l’espèce et de la communication avec d’autres formes de vie, dans une anticipation d’un futur très proche soumis à tous les aspects de la mondialisation.

La Lune seule le sait – Johan Heliot

Dans ce livre tout repose sur une situation uchronique radicale dans une ambiance steampunk hybride, la technologie humaine ayant fait un bond immense au contact d’extra-terrestres discrets aux motivations obscures. Face à la dictature impériale, Jules Verne, appartenant déjà au passé, mène l’enquête sur la construction d’une base sur la Lune.
L’ambiance des années 1900 est sublimée par cette évolution accélérée, entre misère et prouesses, dictateur fou et résurgence de la cause anarchiste, et tout cela forme une histoire policière d’espionnage aventure très marquée du côté science fiction. La bonne idée de mettre en scène un Jules Verne enquêteur préside à ce mélange entrainant de styles qui tend avec finesse vers les origines de la science fiction, avec cet universalisme français, l’évolution de l’espèce, la tolérance et la liberté, avec un humour très présent, pas dénué d’ironie.