
Dans Célia et son fantôme de Barry Pain, Célia a 17 ans et décide de fuguer pour échapper à sa vie morose. Elle rencontre alors un fantôme qui se présente comme le futur père de ses enfants et lui donne la possibilité de remonter le temps pour mieux apprécier sa situation. Véritable condensé de positivité, cette nouvelle développe une certaine sagesse existentielle et une poésie intemporelle pleine de lucidité.
Dans Faisabilité et intérêt zootechniques de la métamorphose de masse de Lionel Davoust, transformer à grande échelle des humains en porcs serait la solution à la faim dans le monde, proposition surréaliste motivée par la magie en dépit du bon sens.
Dans Illuminata de Alain Grousset, Radkali part sur les routes comme tous les garçons de sa génération pour toucher la Fleur au centre du royaume jusqu’à ce que l’un d’eux provoque son fleurissement. Cette nouvelle de fantasy poétique s’appuie sur la simplicité du peuple et l’unité de la biosphère, délivrant un message écologiste par la dévotion et le sacrifice nécessaire à la nature.
Dans Contaminations de Sylvie Denis, Aurore et ses deux fils vivent comme ils peuvent dans leur ferme parmi une communauté cernée par les multinationales de la génétique agricole. Cette anticipation dystopique se base sur une description du monde fournie, l’approche industrielle de l’adaptation des cultures au climat déglingué qui harcèle une belle galerie de personnages cherchant l’autosuffisance, la liberté, le respect de la nature et des souvenirs.
Dans Trois petits tours et puis s’en vont de Claude Ecken, la situation sur Terre devient catastrophique pour les humains par l’inexorable montée des eaux, la disparition brutale de l’électricité et la contamination généralisée suite à l’effondrement de l’énergie nucléaire. Cette suite de tableaux dystopiques est une anticipation lucide sur l’insignifiance de l’espèce humaine inconséquente à l’échelle de l’univers.
Dans Sauvons la planète ! de Michel Pagel, toute l’humanité a disparu sauf Marie-France et, se demandant si elle est vraiment la seule survivante, un homme apparait et s’approche. L’efficacité de ce court texte vient de l’ironie lucide sur la nocivité de l’espèce humaine au-delà de toute responsabilité individuelle.
Dans L’Autre guerre de la Marolle de Sara Doke, Steph se réveille amnésique après une nuit de beuverie dans Bruxelles. Apprenant qu’il était accompagné par une fille il part à sa recherche. Les pérégrinations embuées présentent une ville découpée en territoires et les différents clans rivalisent de violence et de folie, hommage sombrement citadin à J. M. Barrie.
Dans Hérésie minérale de Stéphane Desienne, un aumônier biologiste et une géologue font partie de l’équipage d’un vaisseau commercial qui découvre un astéroïde désolé, sur lequel des rochers se déplacent lentement. Le vrai récit de science fiction qui s’intéresse à une autre forme de vie à base de nanobactéries s’enrichit avec l’aspect philosophique et théologique. Cette mise en scène de l’obscurantisme et de l’expansionnisme est un bijou d’intelligence et de sensibilité décrivant une révolution scientifique.
Dans Chez Nina de Laurianne Gourrier, Dillinger trouve un travail de comptable chez Nina la patronne d’un lupanar et membre de la rébellion populaire contre le système corrompu. Cette science fiction dystopique décrit une société proche du soulèvement traversée par la trajectoire contrariée des deux personnages dramatiques dans un amour tragique.
Dans La Pointe du roncier de Bernard Henninger, Nhã assiste au débarquement d’un soldat exilé qui va perturber la petite communauté de Bacalao. Cette nouvelle montre que derrière la lutte perpétuelle pour la subsistance se trouve toujours une appétence pour le savoir.
Dans L’Anamnèse de Robert Minsky de Chris T. Guerre-Taïaut, un vieillard écrit ses mémoires pour nourrir une intelligence artificielle qui prendra sa place après sa mort. Cette anticipation illustre les progrès dans le domaine et les dangers qui se présenteront.
Dans Rosse de la Lune de Franck Ferric, un troll s’adonne à son passe-temps favori qui est de tabasser un elfe. Cette parenthèse dans la tête et la vie d’un troll à l’expression typée polar plaide pour la nécessité de l’existence de tels monstres dans une dialectique manichéenne.
Dans Le Scarabée de Noëlle Mirande, une équipe archéologique découvre dans l’ouest de l’Égypte un temple caché, dédié à Khepri et ses scarabées, construit par Akhénaton. Le récit d’aventure bascule vite en thriller ésotérique dans une gradation qui mène à une science fiction légère.



