Les Égyptiens – Isaac Asimov

L’auteur décrit l’ancienneté préhistorique d’un peuple enclavé dans une configuration géographique propice à son développement initial et à sa consolidation, point de départ sur le chemin des arts et des sciences, de la religion et de la politique d’une civilisation multimillénaire propulsée par l’agriculture, stabilisée par son unification sous le règne de Ménès. Mais comme dans toute société humaine des troubles apparaissent, des défis à répétition qui révèlent la valeur et la grandeur des dirigeants dont toutes les dynasties sont présentées sans s’appesantir. Cette structure descriptive linéaire révèle une nature cyclique d’élans, de soubresauts et de délitements passagers au gré des interactions avec l’étranger, les influences réciproques, un jeu de dynamiques complexes en vases communicants de puissance et de faiblesse ici simplifié avec brio.
Cet auteur étant Isaac Asimov, l’écho de Fondation et de la psychohistoire se fait sentir, le récit se focalise sur les personnalités et leur incidence sur la trajectoire évolutive de l’Histoire qui se nourrit des décisions capitales comme des occurrences anecdotiques et révélatrices pour motiver cette recherche explicative à rebours suivant les intentions et les comportements qui constituent le moteur de cette fresque vivante explorant la continuité de la causalité.
La particularité de cette civilisation provient de sa précocité, son statut de pionnière à l’échelle de l’espèce dans l’irrigation, la sensibilité religieuse, l’ambition architecturale, la notion de progrès dans la paix et la capacité à absorber les flux venant de l’extérieur.
Isaac Asimov prend bien soin de ne pas être dogmatique et signale les zones d’ombre et de flou, se prémunit de l’extrême exigence de l’historien pour privilégier la fluidité du raconteur reliant les étapes d’une histoire qu’il connait, abordant et questionnant la dialectique entre polythéisme et monothéisme.

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