Le prix du suicide – Kurt Steiner

Catherine Frank est désespérée par la séparation avec Joël Marceau après quatre ans de relation et décide de se suicider en s’injectant du penthotal. Pris de remords il lui téléphone, elle décroche et entend ses excuses au moment de son agonie. Il arrivera trop tard pour la sauver et peut se développer la détresse psychologique et le thème de la culpabilité entre fantômes et phantasmes.
En tant que peintre confirmé, Joël perd l’inspiration et la première manifestation symbolique tangible de l’emprise d’outre-tombe, faisant suite à des cauchemars terrifiants, apparait au travers d’un portrait de Cathy pour évoquer son souvenir d’elle après des semaines passées à s’alcooliser, toile fixant son apparence cadavérique qui semble se déplacer en son absence. Avec la survenue des hallucinations visuelles et auditives la question se pose insidieusement sur la nature objective ou subjective du sentiment de persécution et des menaces oniriques. Quoi qu’il en soit, Joël prend la route pour rejoindre Kerguillou, bourgade que Cathy n’a pas connue, et il transporte ses troubles hors de l’atmosphère urbaine de Paris jusqu’à l’environnement marin et superstitieux de la Bretagne. Le récit s’enrichit alors avec Anaïk Le Hermeur, une jeune femme qui devient la rivale de Cathy, et de Kermadec à la réputation de sorcier entouré de korrigans. Ce roman fantastique datant de 1958 repose avant tout sur l’ambiance d’angoisse qui cultive un doute permanent avec efficacité et repose sur l’intérêt de l’époque pour une dimension psychanalytique de névroses et de projections morbides.

Laisser un commentaire