L’Homme Infini – Daniel F. Galouye

A. J. Duncan, docteur en cosmologie et en physique nucléaire à la tête du projet Genèse, afin de prouver le processus de création continue, se lance sur les traces d’une émission considérable de neutrons en compagnie du docteur Julius Montague, observateur du Conseil de recherche, les menant à Milton Bradford un jeune toxicomane. Cinq ans plus tard, alors qu’il a hérité de la puissante société Progrès et Développement suite au suicide de son père illégitime Gerstal B. Hedgmore, Bradford est assailli par des membres d’une secte cosmothéotropiste que son psychiatre le Dr Powers attribue à une paranoïa hallucinatoire.
Le fond science-fictif est constitué par l’expérience inconsciente de la Force Créatrice qui habite Bradford et, en évoluant vers toujours plus de complexité, nourrit l’entropie et induit son propre contraire, la Force Destructrice que le projet Genèse devenu la Fondation tente de repousser en prenant soin du bien-être et de l’équilibre de Bradford. Mais les perturbations sont inévitables, forgeant un monde de panique pour les humains, dans lequel pi est devenu un nombre rationnel et fini, Pluton et tous les quasars ont disparu et la vitesse de la lumière est réduite de moitié. Le récit prend la forme d’un théâtre de comédie avec la position centrale du héros au sein de la manipulation mise en place par Duncan et qui devient un dangereux complot à l’initiative de Powers. Mais le summum du comique est atteint avec la secte des adorateurs de l’Homme Infini, de sa Transformation Topologique et de l’inversion linguistique, qui s’habillent à l’envers et mettent leurs sous-vêtements sur leurs vêtements, dirigés par Montague en gourou halluciné. Ce roman est à la fois jovial et prospectif concernant la structure de l’univers, jouant avec une vision métaphysique et les principes scientifiques, opérant le mélange entre les résidus stupéfiants du mysticisme des années 60 et la menace tangible du conflit nucléaire de la Guerre Froide.

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