Starship Titanic – Terry Jones – Douglas Adams

Sur la planète Blérontis, au moment du lancement du starship Titanic, le plus luxueux et le plus moderne de tous les vaisseaux de classe intergalactique jamais construits, son concepteur et Plus Grand Génie que la Grande Galaxie ait connu Leovinus reste introuvable alors qu’une manifestation d’une délégation venue de Yassaca fait rage suite à des rumeurs de malversations par le chef de projet Antar Brobostigan et le comptable Brout Scraliontis qui ont entrainé l’effondrement de l’économie yassacane. Le Titanic part presque à vide pour son vol inaugural, transportant seulement Leovinus en pleine bagarre avec ses deux associés véreux et Le Journaliste qui mène son enquête, fait une escale accidentelle sur Terre durant laquelle trois humains, Dan, Lucy et Nettie montent à son bord et découvrent un bâtiment au fonctionnement anarchique, Brobostigan ayant saboté Titania la cyber-intelligence-émotive censée être aux manettes, pendant que Leovinus débarque par erreur.
Fidèle à l’idée de départ de Douglas Adams survenue pendant l’écriture de La Vie, l’univers et le reste et la plume débridée de Terry Jones, ce roman repose sur une loufoquerie permanente, un rythme effréné, des rebondissements surréalistes, une étrangeté grandiloquente et des dialogues décalés, surtout après la découverte de la bombe 8D96 Super Deluxe Détruit-Tout. Ne cédant pas vraiment à l’improvisation complète, l’histoire en a pourtant le goût derrière une narration structurée, truffant une progression balisée d’innombrables scories absurdes aux justifications (seule la réapparition du cadavre de Scraliontis dans le centre médical un peu après sa chute dans le gouffre infini du Puits Central n’a pas les honneurs d’une quelconque explication) qui n’apportent surtout pas plus de sens, exploitant un exotisme qui s’autoalimente sans souci de cohérence jusqu’à assumer une dimension de parodie de space opera. Le divertissement est l’unique ambition de ce projet littéraire, objectif atteint dans le sens où le contenu est amusant dans l’ensemble mais sans être non plus hilarant, par manque de profondeur et par une légèreté qui menace constamment l’assise du récit, les personnages frisant l’inconsistance par leur versatilité entre intelligence et bêtise qui rapidement ne signifient plus rien. L’inventivité chasse l’ennui et représente très bien un sous-genre de la science fiction totalement inoffensif et dénué de sérieux, faisant de cette citation un adage : « L’action, même inutile, est toujours bonne pour l’esprit ».

Erik le Viking – Terry Jones

[06/11/25] Erik laisse femme et enfant derrière lui pour trouver le légendaire pays où le soleil se couche le soir venu, accompagné entre autres par Ragnar Barbe-Fourchue, Sven le Fort, Thorkhild, Thangbrand, Ulf Sigfusson, Olaf Hamundson et Gunnar Longues-Jambes à bord de son navire le Dragon doré.
Ce conte initiatique est un voyage dans la tradition orale scandinave qui s’appuie sur une naïveté poétique, des créatures merveilleuses issues du folklore et des situations inopinées comme autant d’épreuves ou d’énigmes destinées à contrecarrer ou ralentir l’aventure dans une succession d’étapes couronnées d’enseignements et de résilience. Car le voyage est intérieur en direction de la sagesse, du courage et de la connaissance de soi. Au-delà des apparences réside la simplicité de l’existence et la vérité de l’action en accord avec les sentiments partagés et l’unité indépendamment de l’espace et du temps. Non seulement la Terre est plate mais elle est creuse, la séquence du Bord du Monde est un monument de bravoure très visuel, sommet de l’archaïsme conceptuel puissant et du symbolisme métaphysique qui infusent tout le texte, rappelant l’œuvre d’Homère dans sa richesse flamboyante héritée du polythéisme, s’appuyant sur les illustrations inspirées de Boulet et convenant à tout âge par sa fécondité imaginative et son déroulement de fable positive comme parabole du fait de grandir et de mûrir.

[03/04/22] Terry Jones, un des piliers des Monty Python, se sert de son imagination débordante pour composer cette saga inspirée par la tradition nordique des contes imprégnés de voyage et de mythologie. Erik décide de partir avec son équipage à la découverte de contrées inconnues, à la façon d’Homère, dans des aventures dépaysantes, succession d’épreuves faisant appel à la sagesse et au courage.
Les créatures sont surréalistes et les différents personnages se retrouvent dans des situations cocasses, résolues avec une morale simple et atavique. Pas assez naïf pour rebuter les adultes, ce récit convient parfaitement aux enfants car il est amusant, volontairement archaïque, court et très visuel. C’est un exercice de style parfois un peu rigide au niveau de la forme, mais le contenu est un conte onirique d’une créativité débridée.