
Sur la planète Blérontis, au moment du lancement du starship Titanic, le plus luxueux et le plus moderne de tous les vaisseaux de classe intergalactique jamais construits, son concepteur et Plus Grand Génie que la Grande Galaxie ait connu Leovinus reste introuvable alors qu’une manifestation d’une délégation venue de Yassaca fait rage suite à des rumeurs de malversations par le chef de projet Antar Brobostigan et le comptable Brout Scraliontis qui ont entrainé l’effondrement de l’économie yassacane. Le Titanic part presque à vide pour son vol inaugural, transportant seulement Leovinus en pleine bagarre avec ses deux associés véreux et Le Journaliste qui mène son enquête, fait une escale accidentelle sur Terre durant laquelle trois humains, Dan, Lucy et Nettie montent à son bord et découvrent un bâtiment au fonctionnement anarchique, Brobostigan ayant saboté Titania la cyber-intelligence-émotive censée être aux manettes, pendant que Leovinus débarque par erreur.
Fidèle à l’idée de départ de Douglas Adams survenue pendant l’écriture de La Vie, l’univers et le reste et la plume débridée de Terry Jones, ce roman repose sur une loufoquerie permanente, un rythme effréné, des rebondissements surréalistes, une étrangeté grandiloquente et des dialogues décalés, surtout après la découverte de la bombe 8D96 Super Deluxe Détruit-Tout. Ne cédant pas vraiment à l’improvisation complète, l’histoire en a pourtant le goût derrière une narration structurée, truffant une progression balisée d’innombrables scories absurdes aux justifications (seule la réapparition du cadavre de Scraliontis dans le centre médical un peu après sa chute dans le gouffre infini du Puits Central n’a pas les honneurs d’une quelconque explication) qui n’apportent surtout pas plus de sens, exploitant un exotisme qui s’autoalimente sans souci de cohérence jusqu’à assumer une dimension de parodie de space opera. Le divertissement est l’unique ambition de ce projet littéraire, objectif atteint dans le sens où le contenu est amusant dans l’ensemble mais sans être non plus hilarant, par manque de profondeur et par une légèreté qui menace constamment l’assise du récit, les personnages frisant l’inconsistance par leur versatilité entre intelligence et bêtise qui rapidement ne signifient plus rien. L’inventivité chasse l’ennui et représente très bien un sous-genre de la science fiction totalement inoffensif et dénué de sérieux, faisant de cette citation un adage : « L’action, même inutile, est toujours bonne pour l’esprit ».
