
Dans L’Âme des Sondeurs de Jacques Barbéri, Isadora est stagiaire pour devenir sondeur, guidée par Kougar Khalan sur une station d’exploration astroplasmique pour dénicher des planètes à terraformer, et lors de son premier Grand Saut, ils se retrouvent projetés dans le corps d’une habitante de Kaliandra/Bercelune, planète envahie par l’Œkumène sous les ordres d’Elric P. Mandelstrom, prophète de la Nouvelle Église Réformée, identifiant ce lieu comme le Paradis. Ce space opera aux échos transcendantaux alliant technologie quantique et métaphysique déborde de la réalité sordide par une poésie cosmique et nuance une noirceur absolue par une dimension mythique de la lutte contre l’oppression et d’une survivance amoureuse.
Dans Le Garçon mort à votre fenêtre de Bruce Holland Rogers, un enfant mort-né parvient à grandir, étiré sur un chevalet par son père, mais il reste rachitique et, envoyé à l’école à six ans, ses camarades le harcèlent puis l’accrochent à un cerf-volant qui dérive jusqu’à une terre brumeuse. Cette très courte nouvelle poétique met en scène un enfant différent qui trouve son rôle de messager éthéré dans l’entre-deux de sa condition intermédiaire.
Dans A notre image de Guillaume Thiberge, un sculpteur solitaire obnubilé par son projet de Bête d’Apocalypse est témoin de la chute de son voisin Arturo, un sculpteur riche et célèbre qui transforme son hameau en forteresse grandiloquente d’installations défensives depuis sa brouille avec Hans, un clochard devenu un ennemi. Cette illustration de la folie artistique montre l’intention de la création et la perte de contrôle du créateur sur sa créature, la Bête d’Apocalypse devenant une perfection intelligente, autonome et implacable.
Dans Lola Carlo de Sébastien Hostaléry, Ludo s’invente une aventure sexuelle avec une fille inaccessible devant ses potes André et Paul et se rend compte trop tard qu’elle a été retrouvée morte, violée et étranglée. Cette histoire macabre de vengeance d’outre-tombe adopte la crudité d’un ton adolescent.
Dans Chasse au clair de lune de Michael Swanwick, Nick se rend dans un spa qui propose de faire l’expérience de la mort par noyade, puis rencontre au cours d’une promenade Selene, vivant et chassant dans les bois en compagnie de ses chiens cybernétiques. Cette histoire de confrontation exploite un contexte post-apocalyptique sur fond d’épidémie, de sectes, de psychoses et de paranoïa.
Dans Jacques Barbéri, Maître des chimères, une longue interview menée par Richard Comballot, trouvable également dans Voix du futur (2010) et Clameurs : Portraits voltés (2014), aborde son caractère curieux et expansif, sa relation aux araignées qui date de l’enfance, l’éclectisme de sa créativité artistique, ses difficultés dans le milieu de l’édition, l’écriture en collaboration, son activité de scénariste dans l’audiovisuel et de traducteur d’italien, abordant l’ensemble de son œuvre dans le détail.
Dans E = mc2 et compagnie, ou l’histoire d’une révolution de Roland Lehoucq, les trois articles publiés par Albert Einstein en 1905 viennent clôturer l’ancienne conception d’un fonctionnement identique du microcosme et du macrocosme, unifier les théories corpusculaire et ondulatoire de la lumière, lier l’espace et le temps dans la relation entre masse et énergie.
Dans Profession : fiction de M. John Harrison, l’écrivain présente sa vision de la littérature en s’appuyant sur ses romans et ses nouvelles.