Bifrost 9

Dans Les singes de Robert Wolff, Lahad fait partie des hommes célibataires tenus à l’écart dans les hauteurs de la cité de la Faille gouvernée par les Mères, caste de femmes choisies pour s’accoupler avec le Grand Amant dont le fruit est un enfant immortel et télépathe vendu aux grandes villes de la plaine pour devenir guerriers. L’arrivée de l’étrangère Mira brise la solitude des hommes mais cette société rigide ne vacille pas devant l’irruption de la prostitution qui n’aura constitué qu’une parenthèse enchantée, fermée par une inertie séculaire.
Dans En précédent le feu de Thomas Day, les Mooles sont sur le point de fondre sur le peuple khakasse dirigé par le Prince Otchen dont le seul atout est la présence à ses côtés de Nicolaï, le dernier Eizihil connu, immense guerrier à la puissance légendaire. Cette nouvelle inédite de fantasy épique tire son ampleur d’une prédestinée symbolisée par l’avancée de l’incendie et de la flamboyance spectaculaire du personnage mythique de Nicolaï dans une furie libératrice pour un renouvellement de l’Histoire.
Dans Histoire d’histoires de Yann O’Neil, Chandrelain à la suite d’un pari tenu lors d’une beuverie de taverne se retrouve dans la forêt inquiétante à la recherche de Maître Antianus le vieil ermite. Cette fable de fantasy drôlatique en Faërie donne une perspective cosmogonique indirecte avec le récit de la création des Zôms, leur nature moralement contrastée et leur statut à demi légendaire.
Dans La Dame des Crânes de Patricia A. McKillip, un groupe d’hommes se rend au pied de la tour de la Dame des Crânes, attirés par la promesse d’un trésor fabuleux parmi les ossements d’un dragon mais elle les accueille en leur expliquant qu’ils ne pourront repartir vivants qu’avec l’objet le plus précieux dans la profusion de richesses ou sans rien prendre. Ce conte d’une poésie métaphysique joue sur la différence entre la valeur matérielle et la subtilité symbolique d’une fragilité ontologique.
Dans Lagune morte de Dominique Warfa, Graham et Hubert sont les deux derniers habitants de la station balnéaire Aprilia, s’adaptant à la montée des eaux, aux catastrophes apportées par la guerre dans la région et la chute d’un astéroïde. Dans cette nouvelle dystopique mêlant anticipation climatique et profond désordre politique illustre le naufrage de l’humanité dans un écrasement des individus qui mène à une ouverture science-fictive.
Dans Les ballades au fil du temps : Terminus les étoiles de Francis Valéry, la présentation du roman montre qu’il se situe au-dessus des élucubrations scientifiques typiques de cette période, affiche les problèmes de traduction et identifie les enjeux du texte à la théorie des jeux et au status quo nucléaire d’après-guerre.
Dans La Fantasy arpentée en bottes de sept lieues de Patrick Marcel et André-François Ruaud, les très lointaines racines sont identifiées puis sa maturation est présentée au contact du fantastique jusqu’à la constitution de la fantasy en tant que genre avec J. R. R. Tolkien, aboutissant à une liste de nombreuses références qui montrent des exemples d’exotisme et de combinaisons jusqu’en 1998.
Dans Thomas Burnett Swann : le passé pour province d’André-François Ruaud, l’auteur ayant débuté dans la poésie compose une fantasy subtile décrivant un Âge d’Or pré-chrétien d’une féérie nostalgique anticipant le tragique destin qui pèse sur les peuples non-humains.

Bifrost 11

Dans Vif Argent de Greg Egan, Claire Booth est une épidémiologiste chargée d’enquêter sur une épidémie et piste le vecteur de propagation en Caroline du nord. Cette nouvelle est un thriller scientifique, une chasse menée par une héroïne consistante sur les traces d’une maladie atroce considérée de façon mystique et presque religieuse par une communauté d’illuminés.
Dans A travers le vortex (Corsaires des étoiles 5) de Francis Valéry, Salomon en apprend plus sur ses parents et décide avec l’équipage du Jérusalem de faire face au trou noir menant à l’univers des Keurls et de prendre part à cette guerre temporelle.
Dans A la chandelle de Maître Doc Stolze de Pierre Stolze, il aborde Les particules élémentaires de Michel Houellebecq sous l’angle de la science fiction, avec circonspection, pour finir catastrophé par l’indigence littéraire et idéologique de cet objet médiatique.
Dans Neil Gaiman. Un marchand de sable au pays de nulle part, l’auteur s’entretient avec Patrick Marcel pour la sortie de Neverwhere, à propos de Londres, des États-Unis, de la bande dessinée, de son rapport à la création télévisuelle et cinématographique.
Dans Super les héros ! de Philippe Paygnard, il retrace la carrière de Rob Liefeld qui, après des débuts chez DC Comics puis Marvel, participe à la création d’Image Comics pour ensuite galérer dans le monde pléthorique et mouvementé de l’édition.
Dans Clifford D. Simak : le vieil homme à l’écoute des étoiles, André-François Ruaud explore les thèmes des œuvres de Simak, la vieillesse et la sagesse, le foyer et la nature, la réflexion et la nostalgie, une démarche de respect et d’humilité, une écriture tellement reconnaissable.
Dans Des monstres géants et autres énormités de Roland Lehoucq, la question de la taille des êtres vivants est abordée de façon scientifique, au niveau physiologique par la résistance du squelette au poids total et à la hauteur d’une chute, le nombre de pattes et la présence d’articulations, pour conclure que le gigantisme a ses limites et en milieu terrestre implique la fragilité sauf si le squelette est constitué d’un matériau plus solide, ou si le milieu est aquatique ou spatial.
Dans Chad Oliver : l’anthropologiste de la S-F, André-François Ruaud montre que la formation professionnelle de l’auteur transparait dans ses histoires très psychologiques de contact extra-terrestre.