
L’Union Terrienne est harcelée par des astronefs inconnus technologiquement supérieurs appelés Merlans qui émergent d’un univers parallèle dans une zone proche d’une planète habitée par des aliens unicellulaires, les Entamebs. Les humains souhaitent installer une base d’observation dans ce secteur capital mais les amibes ne veulent parlementer qu’avec le capitaine Jess Kan retiré depuis cinq ans sur une planète isolée dont ils fournissent les coordonnées pour guider le commandant Burk secondé par l’officier Vince Sheldon à bord du Sirius.
En tant que quatrième tome du Service de Surveillance des Planètes Primitives sans Marc Stone, le texte s’appuie directement sur le second, Orage magnétique, et en prolonge la forme de space opera d’aventure et d’action. Des ellipses bien senties parviennent à dynamiser le récit et à éviter les écueils du genre comme des descriptions inutiles de déplacements, alors que le système narratif reposant sur des révélations rétrospectives qui découlent de la nature du héros surdoué est plutôt moins réussi, de la véritable identité des Merlans assez vite révélée aux multiples trahisons dont celle aisément pressentie de Sheldon avec ses incessants commentaires racistes. Au-delà de toutes les petites cachotteries, l’histoire est calquée sur l’ascension du nazisme et met en scène la lutte contre un insidieux totalitarisme eugéniste au travers de l’évasion d’un camp de concentration et la synergie des peuples opprimés. Malheureusement, l’aspect science-fictif est en berne, le côté fantasy reste négligeable et Brit, la femme mutique de Jess Kan issue d’une tribu primitive et unique personnage féminin, n’est bonne qu’à suivre docilement son homme et accessoirement à sortir de son sac à main un des trop nombreux gadgets qui facilitent les situations sans se fouler, atténuant la critique de l’impérialisme et du colonialisme, comme un dommage collatéral d’une simplicité au service du divertissement.