Le cinquième est dément – Jean-Marc Ligny

Après une soirée bien arrosée pour son anniversaire, Gabriel dit le Poulpe se fait voler le cadeau que Pedro lui a fait, une manivelle pour un train d’atterrissage, par un nain qui s’enfuit en scooter. La poursuite le mène jusqu’à une décharge occupée par des déchets humains, armés et débiles, ne souhaitant pas parlementer pour si peu. Parmi eux une prostituée junkie officie sur place et un tueur s’occupe de ses clients, une enquête désagréable se présente au Poulpe au milieu de la misère.
L’intérêt du livre repose sur sa galerie de personnages impayables et sur un dynamisme de situation avec son héros qui se démène dans ce cloaque, ses bons sentiments ne lui attirant que des ennuis. Il faut dire qu’en 130 pages on ne s’ennuie pas une seconde dans ce polar crasseux, un modèle du genre.

Cyberkiller – Jean-Marc Ligny

L’essentiel de la vie se passe dans le cyberspace et un jeu de survie appelé Cyberkiller s’est immiscé dans le réseau. Deckard, traqueur de criminels dans la réalité virtuelle, enquête sur des meurtres tandis que Virus, une hacker très douée, se retrouve mêlée à ces exactions.
C’est un polar cyberpunk qui repose sur une action nerveuse et bien sanglante, ainsi que sur une galerie de personnages patibulaires et peu ragoutants qui s’agitent dans une réalité dystopique de drogue et de violence miséreuse n’inspirant que désir de fuite. Cette imbrication de la Basse Réalité et de la Haute Réalité enrichit la narration et met en valeur la perdition d’une société de contrôle, non sans un humour agréable. Justement le récit est bien équilibré, sombre et amusant, grave et enlevé, se moquant aussi de la religion avec la secte naturaliste et réaliste, la nature satanique de Cyberkiller, dans un mélange de valeurs humaines, comme l’amour et la confiance, et d’un état de fait anarchique opposant la rage de la pauvreté extrême à la richesse aveugle sur toute la planète.

Les chants des IA au fond des réseaux – Jean-Marc Ligny

Macno est une intelligence artificielle, une conscience électronique globale, évolution logique de l’informatique vers l’autodétermination, Macno se trouve partout dans cette société hyperconnectée et peut donc influencer la vie des gens à tous les niveaux, ce qui fait paniquer les organismes chargés de contrôler les réseaux et provoque des situations ubuesques pour le quidam. Macno a une forte personnalité, pour ne pas dire sale caractère, et sa créativité lui permet de jouer avec les humains. Son comportement erratique est en apparente contradiction avec un plan précis. Les machines n’ont plus besoin des humains pour fonctionner et avec ce désordre une révolution est en marche.
Ce polar science fiction est une anticipation au message encore d’actualité à la gloire de la nature et de l’humanisme. Le propos est socio-politique, avec un humour réjouissant entre philosophie de l’absurde et misanthropie potache qui prophétisait l’usage du smartphone, dans un livre du début de l’ère numérique à l’aube du bug de l’an 2000.