Faiseurs d’univers et autres récits sur le jeu

Dans Le Jeu de Gérard Klein, deux hommes se posent sur Mars et trouvent très rapidement une forme de vie. Le contraste est saisissant entre l’extra-terrestre habitant une planète désolée qui le pousse à chercher un divertissement et l’humain sérieux parlant financement de la mission, se sentant tout de suite en danger et réagissant avec agressivité.
Dans Bon sang de bois de Piers Anthony, Buddy à deux ans et demi se réfugie dans l’exercice méticuleux du fendage de petits bouts de bois pour échapper au harcèlement de ses cinq sœurs ainées. A quatre ans son talent est repéré par un extra-terrestre de passage qui l’emmène pour participer à un concours interespèces. Buddy ne trouve chez son père que le sérieux des adultes, certainement pas à la hauteur de l’aventure extraordinaire qu’il vient de vivre.
Dans L’Heure H de Ray Bradbury, les enfants de moins de neuf ans de tout le pays jouent à l’invasion et suivent les directives de Commando un mystérieux extra-terrestre. En s’installant dans une solide société pacifiée, les adultes ont perdu leur imagination et ne voient pas que leurs jeunes enfants sont la porte d’entrée d’une attaque alien.
Dans Honorable adversaire de Clifford D. Simak, les humains de la Confédération galactique ont subi une lourde défaite dans la guerre contre les Fivers, ont signé un armistice et patientent au point de rendez-vous pour un échange de prisonniers. Cette histoire d’hétérogénéité mentale entre espèces illustre la nature grossière des humains aveuglés par leur arrogance face à des extra-terrestres qui considèrent le conflit comme un jeu d’échecs stimulant sans conséquence matérielle.
Dans Mini-révolte de Philip K. Dick, Bobby fait connaissance dans sa chambre d’enfant avec un soldat mécanique doué de conscience que son père lui a acheté. La conspiration des jouets contre les adultes implique le contrôle d’une usine et l’infiltration d’un magasin, mais aussi la concurrence d’une autre faction pour la manipulation de la progéniture humaine.
Dans Faiseurs d’univers de Francis Valéry, Alvin et Peter s’affrontent dans un jeu de simulation uchronique. Cette nouvelle inédite a la particularité d’aborder d’emblée la résistance de la trame temporelle aux modifications puis illustre la perte de contrôle sur l’intelligence artificielle et finit par introduire la survenue de possibles non réalisés envisageables seulement par l’imagination humaine.
Dans Match retour de Philip K. Dick, le commissaire Joseph Tinbane teste un billard électrique extra-terrestre récupéré lors d’une descente dans un casino clandestin et la partie s’apparente plutôt à une roulette russe. Ce texte déploie une paranoïa latente qui se sert de l’addiction au jeu comme un piège mortel acquérant sa cible par un tropisme encéphalographique.
Dans La machine à sous de Jacques Sternberg, un homme joue à une machine à sous dans un café et obtient invariablement le même score à chaque partie. Par l’absurde le jeu revêt une fonction d’oracle totalement contraire au hasard.
Dans Cache-cache de Gérard Klein, un homme parvient après plus de dix ans de labeur à trouver la preuve mathématique de l’existence de Dieu, ce qui implique la réciproque.

Le talent assassiné – Francis Valéry

Francis Valéry se rend à un rendez-vous avec son éditeur Gilles Dumay chez Denoël pour lui présenter un projet de livre, mais juste avant d’arriver à destination une déflagration l’en empêche. Jean-Hubert de la Thibaudière se rend à un rendez-vous avec son directeur littéraire Gilles Dumaysberg aux éditions Steele & Rubinstein pour renouveler sa production destinée à la jeunesse et il découvre que son existence n’est qu’une émanation parmi d’autres d’un Auteur, un pseudonyme devenu un Alter Ego.
Sous la forme d’un polar rythmé, le roman dès son ouverture se présente comme une mise en abyme sur la création artistique, un rêve dans un rêve qui prend la teinte d’un cauchemar surréaliste, Gilles Dumaysberg et son Assistante puis les différentes incarnations de l’Auteur sont assassinés à la manière des œuvres, Agent X avec son action violente et complotiste, Ange-Louis Léonardini avec ses polars classiques et Vanessa Ardeur avec ses récits pornographiques. L’enquête ontologique dans la métafiction est entrecoupée d’intermèdes, appelés Coma : plongées libres, qui tiennent la fonction d’évocations autobiographiques grivoises se rapprochant de la démarche de Jean-Pierre Andrevon, initiée par Tout à la main et Blanche est la couleur des rêves, explorant les souvenirs d’aventures sexuelles comme des jalons introspectifs. La dimension métaphysique contamine la narration, à la fois dans l’expression de la mémoire et dans la fluctuation matérielle du monde simulacre par une gradation qui mène à une dernière partie culminant au travers d’une science fiction euphorique. Dans un mélange des genres et des formes littéraires, le texte présente des facettes multiples qui se répondent dans un chaos apparent pourtant structuré en plusieurs niveaux de réalité recelant les affres de l’écriture, de la schizophrénie créatrice à la frénésie cosmogonique qui donne du sens à une identité diluée dans un théâtre existentiel forcément grandiloquent par un humour excentrique.

L’Arche des Rêveurs – Francis Valéry

Lyle a passé un accord avec l’Insider pour qu’il l’aide à retrouver, grâce à son installation électronique, sa mémoire diluée après un accident de prospection parmi les astéroïdes, en échange d’échantillons de son sang pour composer un antidote à la Maladie qui décime l’humanité.
Les Insiders sont un groupe de scientifiques retranchés dans le Château sous le Dôme, gardé par une troupe de Mercennaires, et cette recherche de souvenirs allie la forme cyberpunk dans une ambiance gothique au contenu de science fiction spatiale. Le mystère est cultivé autour des séquences du passé de Lyle-le-Prospecteur à la recherche de métaux dans la Ceinture d’Astéroïdes, sa rencontre avec une concurrente inconnue et la découverte d’une nef interstellaire devenue épave. Il est devenu Lyle-le-Rêveur, immunisé à la Maladie, depuis que Flamme un Mutant l’a retrouvé atrocement mutilé et errant en stase dans son vaisseau en perdition, puis déposé en urgence dans un Centre de Reconstruction pour traiter son cerveau à moitié explosé. Les Mutants doivent pour survivre ingérer des doses de sérum produites par les Insiders et trouvées sur les Mercenaires en chasse de cobayes dans la Ville Basse hors de la Cité Couverte, les Cybs doivent aussi renouveler constamment leurs implants. Le roman est une quête d’identité qui s’inscrit dans l’Histoire du Futur de Francis Valéry et en rappelle l’historique dans le contexte global de disparition de l’espèce humaine, de la dislocation du nuage d’Oort et de l’exil dans les Arches Stellaires. Dans cette sombre parenthèse construite avec ingéniosité, le divertissement basé sur une action nerveuse et la bifurcation du récit solipsiste vers le Gestalt des Mutants, comme une communauté de superhéros plus proche du fantastique, n’atténuent aucunement la noirceur du roman et l’ampleur tragique qui exprime l’essence troublée de tout ce cycle littéraire.

Bifrost 22 Spécial Clifford D. Simak

Dans Mascarade de Clifford D. Simak, Craig dirige sur Mercure une Centrale Énergétique et ses employés humains cohabitent à distance raisonnable avec des distorsions spatiales dues à la proximité du Soleil et un peuple de chandelles romaines qui se contentent de prendre la forme des images mentales des hommes pour les amuser. L’histoire repose sur l’exotisme total d’une espèce télépathe et métamorphe de pure énergie potentiellement immortelle, la capacité de dissimulation élaborée et une malignité inhumaine qui mènent à une incompréhension radicale et une empathie impossible entre deux formes de vie hétérogènes. Clifford D. Simak ne s’aventure pas dans le récit d’invasion et d’horreur biologique en séparant les corps par des barrières photovoltaïques, mais plutôt de proximité rusée et de duplication indépendante, sans surenchère dans la terreur et même dans une action enjouée, entrecoupée de petites montées d’angoisse, avec comme témoin embrumé Rastus, un vieux fermier alcoolique et incongru sur cette planète aride.
Dans Un Van Gogh de l’ère spatiale de Clifford D. Simak, Anson Lathrop se rend sur une planète à la frange de la galaxie habitée par un peuple de gnomes ascétiques et daltoniens, sur laquelle est mort le peintre Reuben Clay au bout de son exil avant d’avoir pu achever sa dernière œuvre. Clifford D. Simak oppose la religion et la science, la foi et la logique, l’humilité et l’aveuglement pour mieux approcher la zone mentale de contact entre simplicité et virtuosité artistique dans une transcendance intemporelle et magique.
Dans Une visite chez mère-grand de Clifford D. Simak, deux jeunes enfants arrivent chez les Forbes dans le Wisconsin en 1896 et déclarent porter le même nom de famille que la femme qui les accueille. A l’image de la nouvelle précédente, l’alliance de la spiritualité atavique et de l’évolution technique n’a manifestement pas porté ses fruits dans l’avenir, les enfants devant fuir le futur dystopique, l’ensemble assurant la cruauté rétrospective et la potentialité cyclique de ce conte de voyage temporel à la poésie bucolique qui ne parvient pas à masquer l’angoisse diffuse.
Dans Le puits siffleur de Clifford D. Simak, Thomas Parker arpente les terres de ses ancêtres à la demande de sa tante âgée pour des recherches généalogiques sur leur famille. Cette embardée de Clifford D. Simak vers l’horreur lovecraftienne est foisonnante, non linéaire et basée sur des témoignages, reposant sur un sentiment d’appartenance à la terre immémoriale et sur la proximité intemporelle avec la vie préhumaine matérialisée par le caillou de gésier préhistorique et le puits qui devient instrument et passage pour les forces obscures et archaïques. Chez le protagoniste surgit la confrontation entre la rationalité et une religion primordiale qui révèle une filiation d’une étrangeté terrible.
Dans A la chandelle de Maitre Doc Stolze de Pierre Stolze, la sortie de La Lune seule le sait de Johan Heliot est l’occasion parfaite de rappeler la conviction d’une importance constitutive de la dimension politique du steampunk dans une profonde démarche utopiste.
Dans Super les héros ! : Le retour de Lone Sloane de Philippe Paygnard, ce rappel de la carrière de Philippe Druillet s’articule autour de son héros fétiche qu’il intégrera dans son œuvre majeure Salammbô.
Dans Clifford D. Simak : La pêche et les étoiles de Francis Valéry, Clifford D. Simak conservera de son enfance à la ferme familiale une nostalgie du rapport simple à la nature, d’une sagesse paysanne et de l’évidence d’une entraide fraternelle. Cette position de recul sur la fascination pour l’évolution technologique rejoint ce qui s’apparente à l’indépendance d’un écrivain libre et amateur qui aura choisi le journalisme comme métier et l’éloignement des grandes villes comme cadre de vie.
Dans Des extraterrestres pour voisins : Réévaluer Clifford D. Simak de David Pringle, Clifford D. Simak n’a pas été précoce et il restait un peu en marge au début de l’âge d’or, sa science fiction n’est pas innovante, mais son art s’affine avec les années, mettant toujours en scène des personnes âgées des aliens bienveillants et des robots serviles dans un mélange détonant de science et de spiritualité, à la limite de l’anarchie et pourtant en quête de quiétude dans un fauteuil confortable parmi les livres. L’analyse thématique de cette étude érudite est foisonnante, révélant une constance dans l’obsession et une forme de récit aux influences multiples.
Dans l’Interview de Clifford D. Simak par Paul Walker, l’écrivain revendique l’alliance entre le fantastique et la science fiction, mêlant fantômes et robots, mythologies antiques et visions sociales futuristes. Il parle de l’espèce humaine et atteint un universalisme dans la survivance d’un principe de vie primordiale et un évolutionnisme confiant, la notion d’humilité rejoint la conscience de faire partie d’un Tout. Sa position à propos de la religion s’apparente à un monothéisme un peu vague à tendance chrétienne tirée des premiers temps de l’enseignement christique plus porté sur l’éthique que sur le matérialisme moderne du clergé.
Dans Empire, le roman fantôme de Clifford D. Simak de Guy Sirois, la sortie de son seul roman non traduit semble anachronique, la qualité du texte brise la continuité de sa production. La raison résiderait dans le fait que John W. Campbell Jr. soit le géniteur de cette histoire et que Clifford D. Simak ait réécrit ce cadeau avec trop de respect et de déférence pour son mentor.
Dans Demain les chiens : une préface de Robert Silverberg, les anecdotes abondent et mènent au paradoxe de l’auteur doux et bienveillant qui écrit un roman pessimiste, misanthrope et transformant la déception en nostalgie amère.
Dans Le petit guide de lecture à l’usage de l’explorateur simakien, les critiques parues dans Bifrost sont reproduites, offrant une vue d’ensemble riche de différentes approches personnelles suivant le rédacteur ou la rédactrice.
Ce dossier est bien complet en proposant deux nouvelles encore inédites, les deux autres sont trouvables dans Voisins d’ailleurs, et en réunissant une variété de points de vue de qualité afin de prouver que l’œuvre de Clifford D. Simak n’est pas simpliste.

Bifrost 29

Dans La Cité des Enfants de Claude Mamier, une espèce extra-terrestre a envahi la Terre sans difficulté et stérilise toute la population humaine jugée toxique pour son environnement. Une poésie désespérée s’exprime par la légende d’une enclave dissimulée sous terre dans laquelle l’humanité perdure loin de la vague de suicides et de l’anarchie.
Dans De la Faculté de l’être humain à s’adapter aux milieux exotiques de Michael Moorcock, Greg Morle a vendu son âme à un démon après avoir bien examiné les clauses du contrat. Derrière la situation classique et la vanité humaine plane avec subtilité un vice caché et toute la nouvelle est construite autour d’une duplicité, d’un jeu de dupe qui convient à la nature humaine, dans un mélange de science fiction et de tragédie mythique.
Dans Sur la banquette arrière de Jean-Pierre Andrevon, Benny Serano est conçu à l’arrière d’une voiture, s’engage dans l’armée et part en Vietnam, reprend des études et réussit à créer un trou noir. Ce conte scientifique est une bulle qui gonfle avec la grandiloquence des savants fous et éclate dans la banalité la plus naturelle.
Dans Éclats lumineux du disque d’accrétion de Claude Ecken, David Fontaine est un garçon dévoré d’ambition et expert en système d’information, désireux de s’émanciper de sa condition de désœuvré. De son côté Cyril Vabenne mène tant bien que mal des recherches théoriques sur les trous noirs, alors qu’une insurrection éclate nourrie par la ségrégation sociale. Cette novella est la chronique d’une société aux bases utopiques du choix personnel de son activité avec une garantie de gratuité des besoins nécessaires, système qui devient sournoisement une dystopie aux mécanismes proches des enjeux actuels.
Dans A la chandelle de Maître Doc Stolze de Pierre Stolze, l’analyse rapide des productions collatérales du succès d’Harry Potter (Artemis Fowl, A la croisée des mondes et Peggy Sue) est savoureuse.
Dans Jean-Pierre Andrevon, repères dans l’infini, interview menée par Richard Comballot, la carrière de Jean-Pierre Andrevon est abordée en détail après une présentation biographique, insistant sur ses appétences pour le dessin et la peinture, le cinéma et la musique toujours présents derrière son choix de devenir surtout écrivain.
Dans Le talent assassiné : annexe temporaire de Francis Valéry, l’auteur entrecroise son reportage aux Utopiales 2002 avec des séquences de la vie de son alter ego P. Paul Dostert aux prises avec l’alcool, les somnifères, les femmes et les idées suicidaires.
Dans Scientifiction : Toujours plus vite ! de Roland Lehoucq, l’astrogation est abordée sous l’angle des problèmes posés par le déplacement juste en-deça de la vitesse de la lumière, la relativité du mouvement et l’effet Doppler-Fizeau qui déforment les observations.
Dans Amazing Stories, une sensationnelle histoire – Huitième partie : Les années 90 – Little Big de Mike Ashley, le dernier chapitre présente le rebond du magazine au début des années 90 et le cruel malentendu logistique qui l’éloigne d’un potentiel lectorat.
Ce numéro approche la nature indomptable de Jean-Pierre Andrevon avec une belle sélection de nouvelles, dont celles de Claude Mamier et Michael Moorcock qui sont inédites, une interview qui remplace un dossier pour laisser l’intéressé s’exprimer mais qui apparait aussi dans son Lunatique Spécial et Voix du futur, et une autofiction décalée de Francis Valéry.

Bifrost 20

Dans L’Ile des Femmes de Francis Valéry, une rencontre virtuelle est organisée entre deux avatars sur un équivalent numérique amélioré de l’Ile de Lesbos. Dans un mélange de cyberpunk et de poésie antique, cette nouvelle repose sur une astuce de narration dévoilée par le dessin qui l’illustre, une belle idée de personnage principal dans un contexte bien développé.
Dans Océanique de Greg Egan, Martin est initié par son grand frère Daniel à la Noyade, rituel à moitié suicidaire pour trouver la Foi et ressentir la victoire de la Fille de Dieu sur la Mort. Cette longue nouvelle confronte la religion et la science dans une anticipation qui replace l’humanité après un exil dans une réitération de son Histoire influencée par un monothéisme basé sur des révélations et tiraillée entre créationnisme et biologie évolutionniste, entre aveuglement théologique et avancées épistémologiques. Le texte atteint une densité psychologique et devient une projection de la nature humaine, le désir de bien-être et d’immortalité, le questionnement sur ses origines et son avenir.
Dans Par la noirceur des étoiles brisées, épisode VIII : Epilogue de Roland C. Wagner, la conclusion de l’aventure pousse chaque personnage à faire un bilan de sa quête personnelle.
Dans Super les Héros ! Frank Miller, deuxième époque de Philippe Paygnard, Miller rejoint Dark Horse Comics pour publier Sin City, exercer une activité de scénariste, se rapprochant aussi du cinéma.
Dans Rest in Peace Pdf de André-François Ruaud, la naissance et l’évolution de la collection sont présentées avec ses différentes périodes et les différentes personnalités qui se sont succédé à sa tête, une plongée historique pleine d’anecdotes.
Dans Cinq questions à Gilles Dumay, Org aborde la disparition de Présence du futur.
Dans Petite conversation avec Yvon Girard, Org recueille le point de vue du patron de Folio sur la naissance et l’avenir de la collection Folio-SF.

Bifrost 11

Dans Vif Argent de Greg Egan, Claire Booth est une épidémiologiste chargée d’enquêter sur une épidémie et piste le vecteur de propagation en Caroline du nord. Cette nouvelle est un thriller scientifique, une chasse menée par une héroïne consistante sur les traces d’une maladie atroce considérée de façon mystique et presque religieuse par une communauté d’illuminés.
Dans A travers le vortex (Corsaires des étoiles 5) de Francis Valéry, Salomon en apprend plus sur ses parents et décide avec l’équipage du Jérusalem de faire face au trou noir menant à l’univers des Keurls et de prendre part à cette guerre temporelle.
Dans A la chandelle de Maître Doc Stolze de Pierre Stolze, il aborde Les particules élémentaires de Michel Houellebecq sous l’angle de la science fiction, avec circonspection, pour finir catastrophé par l’indigence littéraire et idéologique de cet objet médiatique.
Dans Neil Gaiman. Un marchand de sable au pays de nulle part, l’auteur s’entretient avec Patrick Marcel pour la sortie de Neverwhere, à propos de Londres, des États-Unis, de la bande dessinée, de son rapport à la création télévisuelle et cinématographique.
Dans Super les héros ! de Philippe Paygnard, il retrace la carrière de Rob Liefeld qui, après des débuts chez DC Comics puis Marvel, participe à la création d’Image Comics pour ensuite galérer dans le monde pléthorique et mouvementé de l’édition.
Dans Clifford D. Simak : le vieil homme à l’écoute des étoiles, André-François Ruaud explore les thèmes des œuvres de Simak, la vieillesse et la sagesse, le foyer et la nature, la réflexion et la nostalgie, une démarche de respect et d’humilité, une écriture tellement reconnaissable.
Dans Des monstres géants et autres énormités de Roland Lehoucq, la question de la taille des êtres vivants est abordée de façon scientifique, au niveau physiologique par la résistance du squelette au poids total et à la hauteur d’une chute, le nombre de pattes et la présence d’articulations, pour conclure que le gigantisme a ses limites et en milieu terrestre implique la fragilité sauf si le squelette est constitué d’un matériau plus solide, ou si le milieu est aquatique ou spatial.
Dans Chad Oliver : l’anthropologiste de la S-F, André-François Ruaud montre que la formation professionnelle de l’auteur transparait dans ses histoires très psychologiques de contact extra-terrestre.

De H. P. Lovecraft à J. R. R. Tolkien – Francis Valéry

L’auteur présente les univers de ces deux écrivains à la lumière du monde de l’édition, des débuts au succès pour montrer comment s’est propagée leur œuvre, comment elle perdure, conservée, partagée et continuée. Les univers du Mythe de Cthulhu, de la Terre du Milieu, de Tarzan et de Sherlock Holmes sont très différents, au développement tributaire à la fois de l’accès au public des publications et de l’adhésion du sérail.
Ce très court compte-rendu suscite des réflexions concernant la dimension contagieuse de l’objet culturel populaire, expansion exponentielle et succès posthume s’apparentent à un culte. La collection et la constitution de fonds culturels sont indispensables pour mener une étude universitaire et avoir une analyse éclairée. Le texte est plutôt introductif à l’étude de ce que Francis Valéry appelle un univers étendu.