Le rhinocéros qui citait Nietzsche – Peter S. Beagle

Dans Le professeur Gottesman et le rhinocéros indien, un enseignant en philosophie assez solitaire rencontre dans un zoo un rhinocéros qui parle et se prend pour une licorne. Il retrouve l’animal installé chez lui et finit par tolérer sa présence après de longues soirées passées à discuter des différentes écoles de pensée. L’humour et la poésie s’entremêlent dans une douce sagesse pour surmonter la solitude et la mort, dans une imagination propice au bonheur.
Dans Entrez, lady Death, Flora Neville est une vieille lady veuve qui commence à s’ennuyer dans les soirées qu’elle organise et décide donc d’inviter la Mort. Ce huis clos théâtral est comme un conte gothique à la portée sociale et morale dénonçant le cynisme des riches.
Dans Lila le loup garou, Farrell est en couple avec une femme louve garou, détail incongru pour lui dont le plus gros problème est la présence envahissante de sa belle-mère. La situation est décalée et la tension latente culmine lors d’une nuit sanguinaire, l’histoire montre un être différent, fantastique et maudit.
Dans La licorne de Julie, on retrouve Farrell avec sa nouvelle amie et toute normalité est chassée. Dans un musée la représentation d’une licorne s’est échappée et ils la recueillent sans savoir quoi en faire. Farrell est vraiment le personnage, encerclé par le merveilleux et l’extraordinaire, qui tente de rationaliser sa situation sentimentale compliquée.
Dans Le naga, un conte indien présente l’histoire d’amour entre un homme et une nagini, sorte d’hydre à la vie sous-marine et à la nature plus subtile qu’un humain, mêlant sentimentalisme poétique et destinée mythologique.
Dans Une danse pour Emilia, la dernière compagne et le meilleur ami d’un homme décédé se découvrent. Ils ne se connaissaient pas et échangent leurs histoires auprès de lui, ce qui a pour effet de l’invoquer à travers une chatte qui se met à parler. Cette communication est truffée de doutes et de tristesse persistante.
Dans ce recueil, le monde de Peter S. Beagle se révèle, le quotidien moderne est infiltré par une magie médiévale ou moyen-orientale avec une migration de l’esprit, des animaux réceptacles, entre fantasy angoissée et polar surréaliste.

Les bêtes enracinées – Serge Brussolo

Une colonie humaine sur une planète lointaine, dont les grands défauts sont un élément mutagène dans son atmosphère et la présence de gigantesques dragons habités par une violence aveugle, tente de survivre. Ils capturent un morawls, l’enferment grâce à un filet lesté d’ancres et récoltent une sécrétion de l’animal, seule façon d’éviter la mutation. A l’ombre de chaque dragon immobilisé est installée une ville, la population ne voyage plus et se complait dans l’autarcie, préservant l’animal pour éviter la pénurie d’antidote et le suicide préventif par peur de la transformation.
C’est dans cet univers que Serge Brussolo développe une fantasy mystérieuse, une utopie qui tourne au cauchemar en cédant au besoin humain de contrôler la nature au lieu de s’adapter. C’est une société où chacun a un rôle précis dans un communautarisme basé sur la peur, de la mort surtout et de l’altérité. Car l’homme est minuscule à côté des immenses morawls, dans une sorte de transposition myrmécologique, et sa présence sur cette planète est un accident. C’est un récit d’aventure avec une réflexion politique, sur la nature humaine et les dangers de garde-fous qui maintiennent dans l’ignorance les individus, dans un immobilisme stérile. Une ambiance de secte ou de zombies, de superstition et de doutes, se développe et l’horreur biologique plane. Le côté science fiction mène à une humanité qui se fond dans l’environnement au lieu de la modifier, situation écologique pleine d’humour noir. La créativité de Serge Brussolo est bouillonnante avec de l’impromptu, du fantasque et des images d’une grande puissance d’évocation.

Le vestiaire de la reine morte – Serge Brussolo

Marion, comme tous les ans, est envoyée par sa mère Marie-Claude chez sa grand-mère Yoëlle dans une petite bourgade bretonne bercée par les légendes de sombre magie mêlées au contexte historique mouvementé. Secondée par Sacha, un gamin manquant d’assurance et compagnon de jeu à l’imagination fertile, Marion aimerait comprendre le meurtre de son grand-père poignardé dans une pièce fermée de l’intérieur et la persistance de l’histoire atavique d’un monstre se réveillant pour dévorer une partie des habitants de Bregannog, village de larcineurs dont descend sa famille.
Marion entre tout juste dans l’adolescence et le récit en fait l’écho avec des thèmes comme l’hérédité et l’histoire familiale, l’attraction et la répulsion du surnaturel, la remise en cause du monde des adultes. Forcément la narration est enfantine, le côté fantastique est léger mais il reste cette relation bizarre de l’héroïne avec sa mère, comme dans un conte sur l’identité et ses origines qui bascule dans une aventure de la petite enquêtrice. Dans certains détails on sent une nostalgie de l’auteur pour les années 60. Il a su passer outre sa tendance à l’outrance, tout en déployant son imaginaire fertile avec la mise en scène de superstitions et de croyances surnaturelles, pour composer une histoire agréable qui convient au grand public, jeune de préférence.

Le miroir du temps – Jean-Michel Calvez

Des scientifiques finnois dans le domaine de l’optique s’engagent dans un projet secret à bord d’un télescope en orbite autour de la Terre. En reflet, un philosophe grec et Léonard De Vinci expérimentent des situations étranges qui dépassent les lois de la nature.
Ce roman est conçu comme un miroir avec une partie historique, poétique, imagée et spirituelle, et l’autre partie très scientifique nous présentant les coulisses d’une révolution concernant la vitesse de la lumière et le voyage dans le temps, l’inductivisme et la validation théorique par des expériences. Le contraste entre ces deux fils narratifs est extrême, alternant des parenthèses de vies à différentes époques en contact avec des ingérences temporelles et d’un autre côté une plongée épistémologique et très technique dans une découverte mêlant optique et astrophysique. Ce système de répercutions quantiques est fascinant, les deux histoires s’imbriquent parfaitement pour mettre en garde contre la science incontrôlée, sans responsabilité dans l’usage des découvertes. L’impact humain sur les extra-terrestres est toujours présent, rejoignant les conséquences sur la nature, considérée comme globalité cohérente aux différentes relations imbriquées. Le poids éthique est central, dont les enjeux sont disproportionnés pour une conscience humaine étriquée ou aveuglée. Ce livre est une déclaration d’amour à la science et à son esprit de progrès et de probité.

Memoranda – Jeffrey Ford

Après Physiognomy, Drachton Below est de retour avec une attaque chimique sur la communauté de Wenau, provoquant chez ses habitants une narcolepsie dont ils ne peuvent sortir. Cley décide de retrouver son ancien maitre dans les ruines de la Cité Impeccable pour disposer d’un antidote. Mais Below a été touché par son produit et il est veillé par un démon drogué qui se présente comme Misrix, son fils. Cley va plonger dans l’esprit de Below pour y dénicher une solution. Étant transféré dans son imagination et sa mémoire il peut croiser à nouveau des personnes décédées et doit affronter des situations à l’étrangeté potentiellement infinie.
Le texte est toujours aussi loufoque dans ce polar SF, plus abstrait que le précédent et toujours basé sur le symbolisme, la conscience de soi et la nature fractale de la réalité. Cley est enfermé dans un écrin fantasmagorique peuplé de souvenirs vivants et sujet à l’entropie, d’où la nécessité de s’échapper avant l’oblitération. Jeffrey Ford convoque d’une manière subtile le précédent roman, les évènements et les personnages, au moyen de réminiscences incarnées, de l’illusion et de la paranoïa. En découlent des rebondissements métaphysiques mêlant sensation et vision dans une mise en scène plus théorique d’un paysage interne, pour voir s’épanouir le côté aventure un peu fantasy, un voyage virtuel qui fait penser à Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, avec quelques passages cyberpunk. Sur fond de dilemmes éthiques, Jeffrey Ford donne à Drachton Below une ampleur énorme et une profondeur mythique, un esprit d’amour et de folie.

Aujourd’hui, demain et après – Jean-Pierre Andrevon

Ce recueil de nouvelles fait partie des premières publications de Jean-Pierre Andrevon.
Aujourd’hui, il s’y trouve ce qui dépasse l’humanité, les extra-terrestres, les mondes mystérieux aux confins de l’univers, l’avenir très éloigné et les voyages dans le temps, un futur ponctionné. Le temps du grand sommeil est une nouvelle ajoutée dix ans plus tard, dystopie politique qui illustre le contrôle par le vide et l’uniformisation de la pensée.
Demain, avec la modernité la société devient cruelle et inhumaine, l’éducation est anthropocentrée et d’une moralité douteuse, la culture est censurée pour laisser place à des loisirs creux, la jeunesse est envoyée sur les fronts d’une guerre vaine, avec la menace des mutations génétiques après un conflit nucléaire.
Et après, l’homme présomptueux veut dompter la nature et court à sa perte d’une façon pathétique dans son obsession de la science toute puissante, la folie d’un homme s’invite lors d’un voyage spatial, l’esprit est l’essence de l’être ayant besoin d’être véhiculé.
Ce florilège de nouvelles présente plusieurs genres comme l’anticipation socio-politique, la science fiction cosmique, le fantastique angoissé, la fantasy, le conte oral et le récit préhistorique pour dénoncer les risques d’une civilisation malsaine et promouvoir le souci écologiste, la résistance au totalitarisme et à l’oubli, le poison de tous les centrismes, dans des visions pessimistes ou douloureusement absurdes.

Hadon le guerrier (Opar 2) – Philip José Farmer

Le second tome poursuit l’histoire avec la fuite des protagonistes séparés par les troupes du Roi Minruth. Hadon est toujours tiraillé entre le sauvetage de Lalila blessée et cachée dans la nature, et la protection d’Awineth, jalouse et qui leur est franchement hostile. La guerre de religion continue sur un fond de bataille des sexes, le culte d’un Dieu est en train de supplanter, par la force, celui d’une Déesse. La folie des hommes est encore plus présente et il flotte un cynisme, un iconoclasme face à ces Dieux absents.
En accord avec les principes de la fantasy, le voyage est le centre du récit, une épopée gigantesque dans cette civilisation très ancienne, parallèle à l’histoire de l’humanité, sorte d’uchronie avec Sahhindar, simili Dieu qui vient du futur, offrant aux hommes de quoi développer leurs sciences et techniques plus vite.
Plusieurs aspects de cette expédition d’une ampleur légendaire font penser à Robert E. Howard, c’est un très long périple avec des allers retours, des passages interminables dans des souterrains mais c’est un théâtre bien réglé avec des personnages forts, une illustration de la course du monde sous l’influence de la folle soif de pouvoir.

Un trône pour Hadon (Opar 1) – Philip José Farmer

Dans un monde antique, Hadon quitte la ville d’Opar pour participer aux Grands Jeux, suite d’épreuves à la difficulté légendaire, le vainqueur ayant le droit d’accéder au trône de l’Empire de Khokarsa. Les Dieux et les Déesses règnent sur la vie des hommes et Hadon, quoique victorieux, ne pourra pas être couronné avant son retour d’une expédition de sauvetage dans les Terres Sauvages. Hadon montre vite son intelligence pour commander mais les contrées sont dangereuses et amenuisent les effectifs de la compagnie, malgré la présence de son cousin Kwasin, géant sanguinaire et son reflet inversé.
C’est une fantasy aux dimensions mythiques avec un jeune héros dans un monde perfide et régi par la superstition, dans une prose physique à la sensualité toujours prête à exploser. Au cours de ce long sauvetage, il se rapproche inexorablement de Lalila, une femme à la beauté divine, alors que la Reine Awineth doit attendre son retour. On trouve le thème de l’homme surdoué qui a bon fond, la rivalité physique avec son frère ennemi et la concurrence entre deux femmes fortes, sur un fond d’ironie et de tension sexuelle. Le retour de la mission de sauvetage est violent après un an et demi d’absence de nouvelles, le Roi a sombré dans la mégalomanie en provoquant une guerre de religion pour conserver son trône. Ils sont tous arrêtés et emprisonnés mais peuvent s’évader grâce à une éruption volcanique, et avec toujours le personnage de Kwasin, à la fois brute épaisse et clown surexcité dans un rôle décalé d’agitateur mythologique. C’est d’abord une fantasy tendance péplum pour se muer en aventure action de groupe et finir sur un dilemme sentimental et social, le tout d’une créativité débridée (allant jusqu’à des phases d’infiltration militaire) et basé sur un monde immense et fascinant d’Edgar Rice Burroughs.

La porte de bronze – Bernard Simonay

Markaan, un pêcheur de retour chez lui, voit son ile disparaitre, ravie par une brume mystérieuse. Il parvient à s’échapper et s’échoue dans un archipel paradisiaque, véritable utopie qui fait penser à la Grèce Antique fantasmée. Darys et Ele’a sont liés par un amour absolu jusqu’à la mort inexpliquée de ce premier. Convoitée par Ykhare, seigneur riche et puissant d’une contrée lointaine, pour sa beauté et ses talents de danseuse. Désespérée et en proie aux doutes, Ele’a décide finalement de découvrir cette civilisation étrange et évoluée. Elle passe d’une société à l’état de nature, animiste, magique et candide, portée par le positivisme, à un monde industriel et commercial, individualiste et démesuré. Elle est dans une tension permanente, doutant du sens de la vie, des intentions et de ses émotions.
C’est avant tout une histoire d’amours impossibles centrée sur la mort et la captivité, la solitude et l’inconnu, un récit de voyages aux périls insidieux. Les aventures d’Ele’a sont racontées sous la forme d’une fantasy bac à sable d’aventure ethnologique avec un intérêt flagrant pour la faune et la flore et une découverte de la violence naturelle ou civilisationnelle, absente de sa contrée d’origine. Tout cela ressemble à une transposition des problématiques de la colonisation, l’héroïne étant confrontée à d’autres systèmes de pensée et des structures sociales très différentes. C’est un roman d’apprentissage à la poésie onirique, une odyssée dans le monde des humains, un conte cruel comme la perte de la candeur et une transformation personnelle lancinante telle un destin. Des thèmes puissants sont finalement développés ; le rôle de démiurge, le théâtre des réalités, la création artistique, la résistance violente et le fond agressif de l’humain, les questions sur l’intelligence artificielle.

Les rives du crépuscule – Michael Moorcock

Des extra-terrestres ont stoppé la rotation de la Terre sur elle-même, créant une séparation entre une partie toujours ensoleillée et l’autre plongée dans l’obscurité. L’humanité est aussi devenue stérile, ajoutant à l’insignifiance de l’espèce la peur de la disparition programmée. Le désespoir ambiant génère une fête sans fin, une angoisse superstitieuse, un hédonisme fainéant et un rationalisme qui mène au renoncement. Clovis Marca est le dernier né des hommes, à la recherche d’Orlando Sharvis, grand scientifique disparu sans laisser de trace en fondant une colonie sur Titan. Une secte terroriste et misanthrope sévit, occasionnant la formation d’une milice politiquement structurée et dirigée par Andros Almer, despote frustré.
Par une science fiction philosophique, Michael Moorcock peint une fresque politique représentative de la société humaine et de son histoire dominée par Orlando Sharvis qui se révèle être un dieu, Andros Almer qui se proclame dirigeant providentiel, Clovis Marca qui dans son égocentrisme ne désire que l’immortalité et Fastina Cahmin qui, seul personnage féminin, n’est qu’un objet de convoitise et finalement une génitrice potentielle. Toutes ces figures président au destin de l’espèce dans un théâtre du pouvoir aux proportions mythologiques, dans une ambiance empruntant les codes de la fantasy et du planet opéra pourvue d’un humour grinçant tout droit sorti d’un mythe antique, entre Lune creuse et compensation des bienfaits par des supplices (la consanguinité), pour discréditer le totalitarisme. Les destins personnels n’ont pas de sens pour l’univers.

Sur des mers plus ignorées… – Tim Powers

Dans les Caraïbes, Chandagnac va réclamer un héritage lointain lorsque le navire, avec à son bord un vieil homme pas net et sa fille avenante, est capturé par des pirates pour se rendre à un point de rencontre avec Barbe Noire. Enrôlé de force parmi l’équipage de soulards complètement tarés, Chandagnac se rend compte que la sorcellerie règne sur cette partie du monde. Lors d’un accrochage avec un navire anglais il réussit à échapper aux pirates qui s’enfuient avec leur prisonnière innocente.
L’histoire mêle l’aventure exotique, l’action constante et le fantastique en convoquant le vaudou d’une manière bien documentée. L’esprit de la flibuste est prégnant avec des personnages exubérants et patibulaires, des combats navals haletants et une vie en commun croustillante. Les rebondissements sont nombreux et un humour gorgé de rhum est omniprésent. Le sauvetage de la demoiselle en détresse est un prétexte à cette course poursuite maritime, ce qui montre bien la vocation ludique, historiquement marquée, du texte avec son héros pas si réticent à ce périple qui sort de l’ordinaire. La magie apporte une distorsion de la réalité jusqu’au délire mystique d’immortalité et de puissance divine, et même des confrontations de sorciers devenant fous, torturés et méprisables. Tim Powers s’est manifestement amusé à écrire ce mélange dynamique de genres et c’est communicatif, énergisant car il est possible d’avoir plusieurs vies.

Le temps du Twist – Joël Houssin

L’humanité est affectée par un rétrovirus, l’alcool est le seul médicament et arrêter de boire mène à un état de mort vivant. Antonin a une famille bien soignée à la beuverie mais il préfère rejoindre des potes pour prendre des drogues synthétiques, parler musique et boire parce que c’est obligatoire. Comme c’est le jour de son anniversaire, 42, un pirate informatique, invite Orlando, un nouvel ami qui se révèle être un loup garou, accident génétique dû au rétrovirus. Il invite la bande chez lui et offre à Antonin une vieille Buick. Étant fans de Led Zeppelin, l’autoradio contient les meilleurs concerts du groupe. Lire une piste les envoie à l’époque devant la salle mais la réalité est différente.
On sent tout de suite la nostalgie amusée de l’adolescence dans cette science fiction d’action et d’aventure temporelle, errance uchronique, avec un divertissement dans le récit similaire aux textes de Roland C. Wagner. L’ambiance sexe, drogue et rock n’ roll n’est pas envahissante, pas besoin d’être expert en musique pour s’y retrouver et les références historiques sont intéressantes. Joël Houssin ne se gêne pas pour critiquer la société, épinglant avec joie la télévision de la fin des années 80 et le niveau général de culture, montrant que si le présent est minable, le futur sera bien pire, une épidémie peut tout changer. L’action est presque constante, l’effet de bande d’amis fonctionne bien grâce à des personnages allumés et pressés dans une alliance de la science fiction imaginative et du polar rythmé, d’une pincée de trash, un soupçon de fantasy et une bonne dose de cyberpunk à la fin.