Herb Charity est un jeune cyberflic à Vancouver déjà blasé par la traque des pédophiles. Sa vocation est une nécessité qui découle de l’enlèvement de sa grande sœur, hameçonnée sur internet et toujours portée disparue malgré ses recherches. Un groupe de jeunes filles menées par celle qui se fait appeler Unica précède la Cyber et se charge de châtier les criminels. Au-delà du côté science fiction et cyberpunk, c’est un polar thriller à l’ambiance glauque avec comme sujet la pédopornographie, avec des chapitres courts pour installer un mystère. Ce livre est un squelette, des ouvertures se ferment, des bonnes idées pourraient être développées, comme par exemple la judiciarisation de la société au secours de la pédophilie virtuelle malgré les enjeux moraux bien réels. La fin du texte semble être celle d’une nouvelle, elle est très sombre, tout s’accélère, pour jouer avec la moralité, avec la virtualité et ses implications de désincarnation à propos d’un sujet épineux.
Anjel se réveille sur une planète inconnue, naufragé à la mémoire défaillante d’une expédition interstellaire, et rencontre un homme au corps d’araignée. Il fait ensuite la connaissance d’un quatuor exotique constitué de Titan, un enfant à tête de chien, Axolotl le grand squelette, Chrandonya la femme aérienne et Graëlzya une fille-fleur. Anjel trouve la femme qui habite ses rêves, Lyse, et il la libère des entrailles d’une pieuvre. L’histoire se présente comme un mélange de science fiction angoissée et de fantasy poétique, théâtre onirique de l’étrangeté et allégorie métaphysique. La communication passe par le symbolisme et façonne le contexte perceptif par des illusions pleines de sens, des expériences abstraites mais capitales. Cette distorsion de la réalité vécue, sémillante et farfelue, évoque un conte halluciné, un voyage astral perturbé à la temporalité distordue. Anjel est amnésique, Lyse est morte, elle devait mourir, d’une histoire d’amour éternelle et impossible.
[13/12:24] En tant que journaliste indépendant Tom Hopkins assiste à une performance artistique crée par Jill Page, tableau vivant qui se termine en meurtre et suicide. Alice Godsend, petite amie de Tom et peintre, est embauchée par le professeur Harryman et devient la collègue de Jill pour tester une machine inventée par le psychologue qui projette sur écran les pensées et les images mentales de l’utilisateur. Le fond science-fictif repose sur un savant fou et sa découverte qui fait évoluer une sorte d’ardoise magique en instrument de manipulation de la réalité, dans un esprit cyberpunk léger et une ambiance très psychologique flirtant avec l’esprit de l’Art, ce qui est projeté dans l’acte de création et de destruction. Comparé à Penta, ce que gagne Neurovision en ouverture et complexité lui fait perdre en densité mais pas forcément en intensité, les scènes gore étant bien là dans des tableaux d’horreur cristallisée. Le contexte socio-politique de dystopie est toujours présent, un peu plus développé que dans le précédent roman en insistant sur les querelles ethniques. A cet égard Neurovision semble se situer avant Penta dans la chronologie d’une société en cours d’effondrement. Ce récit est la chronique d’un combat psychique entre deux femmes aux conséquences matérielles, ajoutant une sorte de magie au thème de la relation entre humain et machine, ne renonçant jamais à installer une dimension trash dans des scènes d’une cruauté extrême.
[17/05/23] Tom Hopkins, un journaliste indépendant, se rend à une performance d’art corporel créée par Jill Page, une artiste réputée, sous la houlette du Professeur Harryman, psychologue et inventeur d’une machine à matérialiser les images mentales. La représentation se termine en boucherie et deux jours plus tard, Alice Godsend, petite amie de Tom, répond à une annonce pour des recherches sur la créativité. Le savant fou et l’artiste sans limite sont convoqués pour une matérialisation inhumaine de la machine comme parasite du corps et de l’esprit, pour constituer un tableau brut et mouvant de la vie et de la mort, une expérience totale par procuration. La tension et l’ambiance mystérieuse font de ce roman un thriller cyberpunk sanglant dans lequel des psychopathes, grisés par la toute-puissance maitrisent une technologie qui permet de contrôler un humain ou une machine à distance. Le côté technique est en retrait, laisse la place à une télékinésie magique, un pouvoir de l’esprit qui modifie instantanément la réalité, une incarnation abstraite via un médium matériel pour déboucher sur une horreur surnaturelle pleine d’action.
Dans la galaxie les Compagnies ont privatisé les voyages spatiaux, après les ressources naturelles, et les pilotes se rebellent contre cette restriction des libertés, négation de l’esprit des pionniers. Sur Ankou, les grévistes sont massacrés. Dan, jeune serveuse dans un bouge assistant à la scène, se faufile ensuite dans la navette prête à décoller de Mary, ancienne pilote mystérieuse, pour se soustraire à l’attention des autorités. Ce space opera énergique se base sur la relation entre les deux personnages principaux, une ancienne pirate à la mémoire embrouillée, obnubilée par son ex-mentor disparue et qui se reconnait dans la jeune femme sous sa protection. Le récit repose sur une fantasy de groupe, une entraide, et sur une science fiction technologique, l’exobiologie bouillonnante et un univers assombri par le totalitarisme, avec en fond l’image sauvage de l’inconnu, de la découverte et de la nature immaitrisable. Le questionnement est d’abord sur la cybernétique, l’alliance de la chair avec le métal et le plastique, son acceptation, son incidence sur l’être humain. Estelle Faye aborde aussi la musique et les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle avec un ton poétique et un esprit rafraichissant. Derrière ce voyage mouvementé se joue la question de l’humanité et du destin, de l’oubli, de la mort et de la perte mais aussi de l’amour intemporel.
Misrix, fils à moitié démon de Drachton Below, relate le périple de Cley dans L’au-delà en compagnie de son chien Wood, à la rencontre d’êtres merveilleux, de la tribu des Silencieux dans une geste chamanique, dans des décors fantastiques et exigeants. Misrix s’est installé dans les ruines de la Cité Impeccable sur les traces de son père et, dévoré par la solitude, il commence à fréquenter les villageois de Wenau. Les habitants de l’au-delà ne tolèrent plus l’installation des étrangers sur ces terres et Cley se retrouve au milieu de conflits sanglants. Ce dernier tome de la trilogie déroule une fantasy poétique à la manière d’une initiation dans le voyage, d’un conte symbolique sur la culpabilité et l’autodestruction, les fondements de l’imaginaire, l’articulation entre microcosme et macrocosme, une ontologie universelle à base de concepts palpables et de matérialisme psychique. Les quêtes parallèles de Misrix et de Cley sur le chemin de l’humanisation et de la rédemption sont jalonnées par une nostalgie douloureuse et un fol espoir d’avenir, englobées par une cosmogonie métaphysique de corruption et de régénération.
Après des aventures mouvementées dans Le cri du tyrannosaure, Aaron est de retour chez son grand-père, apprend que ses amis ne sont pas rentrés, que douze ans ont passé depuis son départ et que ses parents sont morts. Green Town a beaucoup changé, la ville a régressé technologiquement, des orages temporels sévissent alentours depuis leur voyage préhistorique. Bien qu’elle soit toujours otage dans le mésozoïque, Jennifer s’intéresse toujours autant à la culture des dinosaures intelligents. Les changements opèrent aussi dans la jungle sous la forme de perturbations spatiotemporelles qu’ils appellent Tempêtes de Rêves. Les personnalités sont caricaturales, la fille intelligente et prude, le garçon timide et idéaliste, l’ami rebelle et jaloux, les adultes inconséquents, l’ennemie qui devient proche et la vieille sage et aveugle. Les ressorts psychologiques sont juvéniles, c’est un roman d’aventure avec un fond sentimentaliste rudimentaire qui a le mérite d’aborder l’anthropomorphisme, la relativité et la physique quantique par le glissement du voyage dans le temps et l’accès aux univers parallèles. C’est aussi une science fiction d’action avec des scènes bien sanglantes qui contrastent au milieu des trouvailles surréalistes comme sorties d’un conte avec un sens du ridicule assez enfantin. La structure de la narration est plutôt solide mais d’une variété pléthorique entre aventure temporelle adolescente, fantasy ethnologique réussie, action sanglante et sentimentalisme simpliste, un pot-pourri introductif à la science fiction qui se révèle être un barnum vertigineux. A la fin du livre, Un coup de tonnerre, la nouvelle de Ray Bradbury à la base des deux romans de Stephen Leigh est présente, ce qui permet de mieux comprendre la démarche, retenant plus le côté safari que l’aspect politique de l’original. La fin de l’histoire de ce diptyque n’en est pas une, de façon abrupte Stephen Leigh décide de laisser la situation des personnages en suspens, ultime bizarrerie incompréhensible.
Après une guerre mondiale, la société humaine s’est réorganisée pour éviter à l’avenir ce genre de catastrophe, en créant des nouveaux-nés inhibés et immortels. Bien qu’il soit en couple avec une superbe femme qu’il aime et passionné par son travail d’artiste en viande, Yorge en a marre de cette perspective fade d’une sempiternelle sécurité, sans vraiment savoir pourquoi mais il éprouve le besoin de demander un permis de suicide. Sa demande est acceptée et Yorge devient un paria définitif, rejeté et poussé à organiser son euthanasie par tout le monde, l’administration, les citoyens et un tueur professionnel. Yorge a changé d’avis mais c’est trop tard, il s’est engagé sur une pente irréversible, déchu de ses droits, il est une cible à abattre sans délai, quiconque étant autorisé à le tuer impunément. Cette dystopie sociopolitique est un concentré de paranoïa et Macno, une intelligence artificielle désinvolte et exubérante, va aider Yorge à démasquer cette société aux dérives totalitaristes, un système qui a oblitéré l’inconscient chez chaque individu, immortels par régénérescence permanente dans une vie plate. Dans la tradition de l’utopie sociale qui vire au cauchemar, cette science fiction d’action cyberpunk implique des mondes parallèles, conséquence quantique de la guerre et ses bombes à neutron. Le monde de Yorge repose sur la production industrielle de bébés modifiés et d’androïdes discrets pour les servir et les surveiller. La critique du pouvoir absolu dénonce son mode de conservation qui repose sur des citoyens sans histoire ni mémoire, sans folie, et sur l’exploitation d’une classe inférieure. La quête d’identité devient un polar un peu surréaliste par les distorsions de la réalité, la relativité perceptive et les paradoxes temporels, une plongée dans l’univers éclaté. Philippe Curval rend hommage à l’esprit de révolte qui habite les hommes libérés des manipulations, sans illusion concernant leur histoire et leur liberté. Glissant de l’utopie à l’astrophysique et à la physique quantique, il introduit les bases d’un mode de reproduction des univers, d’un évolutionnisme cosmique, d’une sélection naturelle universelle.
Sur Argole, Julius survit en usant de son don pour lire les pensées des autres, apparu après un accident et qui disparait inopinément sans savoir combien de temps. Il rencontre Marje, une vieille connaissance roublarde qui le lance dans une chasse au trésor sur Walden, une planète qui abrite les Velus, des mutants barbares. Au cours du voyage il aide Stella, une passagère clandestine pure et candide, personne sincère comme il n’en rencontre jamais. Cette histoire d’action et d’aventure mêlant fantasy et science fiction est publiée à la fin des années 50 avec un héros maudit et misanthrope, l’importance des voyages ou plutôt une succession de déplacements, un soupçon de sexisme ambiant mais surtout un esprit enjoué dans l’écriture, de l’humour décalé et une créativité un peu naïve, comme infantile par des idées simples comme la valise dans laquelle apparait tout ce dont il a besoin ou la mer recouverte d’une peau molle. Le fond du roman dénonce l’hypocrisie, le superhéros n’aime pas les gens parce qu’il sait ce qu’ils peuvent penser et c’est en solitaire qu’il va traverser un désert interminable puis rencontrer les Velus au psychisme primitif. Finalement le cynisme de la modernité n’est que gesticulation vaine face à la simplicité d’une forme de vie consciente ancrée dans un bonheur nu.
Jacque Lefavre est un maîtriseur, il participe à des missions d’étude de planètes très lointaines en vue d’une géoconformation ou toute autre exploitation. Son équipe découvre un animal qui, à son contact, devient un pont entre deux personnes, permettant la transmission de pensée. Le mode de déplacement intersidéral est une projection physique des individus en scaphandre et du matériel se trouvant dans un périmètre donné. Dans le cadre de ce transfert Levant-Meyer le retour est automatique dans un délai connu comme une restauration naturelle de l’état initial dans un effet de rappel élastique. Le seul moyen efficace pour coloniser des planètes est d’accoucher là-bas, l’enfant devient alors un habitant permanent. Ensuite, des missions de reproduction sont assurées par les maîtriseurs. Tout se complique lorsque deux hommes meurent et un troisième tente de se suicider malgré lui après avoir manipulé le pont. Sur une planète pas loin de la limite de déplacement, une équipe de maîtriseurs est massacrée par des extra-terrestres. Le récit centré sur Jacque est enrichi par des documents et rapports officiels abordant la physique, la chimie et la biologie. Une théorie scientifique et l’évolution d’une technologie sont développées à travers l’histoire, soutenue par des tableaux statistiques et divers documents circonstanciés, et à travers un personnage principal fondamentalement instable psychiquement mais très pugnace. Ce space opera d’action décrit un cap franchi par l’humanité, la colonisation spatiale et le conflit avec une espèce hostile, d’une façon scientifiquement approfondie. Truffé d’ellipses judicieuses ce roman est très dense avec un concept sous-jacent audacieux, une description de l’organisation humaine détaillée et une tension extrême. La relation intime entre Jacque et Carol, collègues depuis le début, est entravée par leurs devoirs envers l’espèce, révélation cynique de l’individualisme humain et leçon magistrale de l’unité de l’espèce donnée par une forme de vie exemplaire de l’Un-en-Tout et du Tout-en-Un.
Bor Durin est la nounou de Guerre et paix, il est le lien entre le commandement militaire et l’intelligence artificielle tactique les guidant alors que la guerre est déclarée. Guerre et paix est neutralisée par Petit Poucet, son ennemie, ce qui provoque une cascade d’accidents fatals. La seule chance de survie pour Bor est d’entrer en stase dans un caisson. Il est réveillé sept ans plus tard par un duo surréaliste formé de Maxton, un lutin à l’air chafouin, et Pitchin, un colosse à la tête à moitié dévorée et auquel il manque un bras. Au sommet de leur abri, Bor peut embrasser les alentours, une nature dévastée, une mer vraiment pas accueillante et au milieu d’un désert à perte de vue, une montagne de corps. En plus des deux frères, il rencontre Grootz leur père, cadavre habité par un gros ver blanc, Reïla la femme obèse de Pitchin et leur fille Laetitia, une grande crevette rose en pleine crise d’adolescence. Maxton conduit Bor à la pyramide de corps et lui présente sa sœur Esil encastrée dans cet amalgame palpitant, et un contact se crée. Le monde s’est toujours écroulé autour de Bor par la mort de ses parents et de sa sœur, et il a toujours vécu dans la culpabilité du survivant, coupé des autres mais il peut enfin se fondre dans la multitude lénifiante avec la présence d’Esil comme porte d’entrée. Une voix dans sa tête pousse Bor à partir vers le nord et il cède, accompagné de Laetitia, aidés par la montée des eaux et par Crâne-aux-Vents qui les prend à bord de son aile volante à pédales. Le récit adopte les codes d’une fantasy onirique au contact de paysages et de personnages étranges dans l’optique du voyage sur une Terre changeante, la géophysique martyrisant les conventions biologiques. En arrivant à Cheebar, ville où tout a commencé pour lui, Bor réalise l’étendue des modifications de la matière, imbrications, reprogrammations génétiques et changements de taille. Ces bouleversements scientifiques donnent à l’histoire un aspect de conte exubérant et angoissant tel un rêve de drogué, ou seulement une anticipation probable portée par un souffle de créativité monstrueuse, une quête initiatique. L’atmosphère générale n’est pas si sombre, mais juste désenchantée par la perte inexorable du passé, et surtout excitée par la capacité d’adaptation et l’extrême variété des situations.
Le début de l’histoire est d’une belle simplicité mêlant une action brutale de chair et de sang avec une science fiction cyberpunk porteuse de destruction et de déshumanisation physique. Ce qui mène à la situation du naufragé temporel, l’écrasement égocentré de la découverte du monde d’après, d’horreur biologique et de mutations surprenantes, à l’image d’une famille de freaks forcément dérangés. Ce virage de l’évolution dans l’étrangeté fait jaillir l’improbable et le cauchemardesque dans une sorte de soap opera dystopique d’un comique glauque. Cette différence radicale dans les relations humaines, dans l’environnement existentiel de folie pour Bor, un solipsisme subi, est un vertige. La guerre a provoqué des distorsions quantiques, des reconfigurations d’échelle d’êtres vivants ou d’objets inanimés, agrandis ou miniaturisés, des fusions et interpénétrations, ubiquités physiques localisées. Au centre du livre se trouve cette montagne de corps soudés et tressés par une force centripète, comme cette boussole dans la tête du héros qui lui indique le chemin de son pèlerinage, ce magnétisme entropique qui devient la trame tordue de la réalité palpable.
En 2044 à Paris, le détective Franz Keller est engagé par une veuve dont le mari a sauté en compagnie d’une fille de joie dans le Quartier bleu, zone autogérée du Père-Lachaise. Cette novella est intense, polar nerveux dans un contexte sociopolitique d’une décadente modernité, trash et un peu cyberpunk, à l’action frénétique et hallucinée. La société est communautariste, le pouvoir totalitaire s’accommode de l’inégalité sauvage et encourage l’existence d’un ghetto sans envergure. Le texte est plein de vitalité et d’humour rebelle dans un esprit contestataire et lucide sur la manipulation institutionnelle, proche de ce qu’écrivait Roland C. Wagner.
Après avoir vu son demi-frère, prévenu par Bréhyr, ancienne femme de Regehir, Chien du heaume, malgré ses mains ravagées, va accompagner cette dernière dans sa quête pour supprimer ceux qui l’ont enlevée dans son enfance. En route elles s’arrêtent chez la mère de Chien, ce qui ne lui apporte que la crainte de vivre le même destin funèbre que son père. Chien découvre la ville puis la quête meurtrière de Bréhyr les rappelle sur le chemin du retour de croisade, à surveiller l’apparition fantomatique espérée des vaincus abandonnés de Dieu. Se joignent à elles la Petite, arbalétrière froide, et Saint Roses, un croisé éclopé à la foi amputée, et Chien y voit un peu plus clair, la Salamandre s’invite aux premières loges pour la moisson, l’abattage. Dans ce deuxième tome, la quête identitaire cristallisée par son ancrage dans le passé devient une prise de conscience, une acceptation de son histoire et de sa propre nature pour juste vivre malgré toutes les blessures, pour éteindre la rage de vengeance et l’autodestruction. Chien peut alors se tourner vers l’avenir, dans une époque sombre où rares sont les adultes qui vieillissent vraiment et peuvent acquérir une certaine sagesse, où les enfants existent à peine, handicapés par la méchanceté et l’indifférence lorsqu’ils ont le malheur de vivre.