La Planète des dinosaures – Anne McCaffrey

Kai dirige l’expédition sur la planète Ireta aux conditions similaires à celles de la Terre et un contingent de géologues et de biologistes assistés par des gorilles civilisés afin de prospecter les ressources minières et répertorier la faune et la flore.
Ce roman est construit autour d’une science fiction dure qui ne se dilue pas dans son déroulement de fantasy, d’aventure et d’action pourtant très présentes. La première idée astucieuse consiste à relativiser la réalité et le continuum espace temps en adjoignant à la mission d’étude des humanoïdes sur Ireta la démarche équivalente des quasi-immortels Theks, un peuple minéral d’une lenteur et d’une sagesse mythiques sur une planète à la pesanteur extrême et celle des Ryxi, espèce d’oiseaux rapides et arrogants sur une autre planète à faible pesanteur du même système visé par l’Organisation Exploratrice et Évaluatrice de la Fédération des populations intelligentes. La démarche initiale xénobiologique soulève des contradictions dans la nature du biotope local et se transforme doucement en une éthologie de moins en moins exotique reposant à rebours sur une différence de degré dans l’évolution, entre la cruauté antédiluvienne des prédateurs sanguinaires et la beauté pragmatique d’oiseaux capables de confectionner des filets pour pêcher. De la même manière, le récit oppose l’influence de la sauvagerie, comme un écho de l’instinct préhistorique, aux exercices de la Discipline mentale et au végétarisme. Parmi la petite vingtaine de personnages, le couple formé par Kai et Varian la vétérinaire courageuse est central, auquel se greffe la présence du jeune Bonnard en apprentissage parmi les équipes techniques. Le livre trouve son équilibre entre son contenu scientifique, les diverses interactions des protagonistes, des scènes d’action trépidantes et, pour englober le tout, un mystère provenant des origines de la faune préhistorique et d’une précédente visite en des temps reculés sur Ireta, constituant une énigme intemporelle qui opère cette coïncidence décalée d’époques incarnées et de lieux épars en apparente contradiction avec le processus d’apparition de la vie.

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