
Le Pr Jeremiah Prokosch dans le cadre du projet Lost Worlds est projeté 65 millions d’années en arrière sur le courant d’un flux de tachyons à bord d’un module permettant une exploration terrestre ou aérienne et géré par une Intelligence Artificielle.
La démarche annoncée de cette collection consiste à parer un discours scientifique d’une vulgarisation romancée ouvrant sur une dimension poétique et spéculative, stimulant l’imagination d’un jeune lectorat. Le récit prend la forme d’un témoignage à sens unique, d’un compte-rendu du Pr Prokosch à destination du jeune Barry et de sa mère Annah, sa découverte de l’environnement du Crétacé, son observation passionnée des différents dinosaures qui culmine avec l’étude rapprochée d’un groupe de troödons auxquels il finit par s’attacher plus que de raison. La narration univoque d’un vieux monsieur naufragé s’adressant surtout à un enfant de onze ans donne l’occasion à Jean-Pierre Andrevon de déployer ses efforts pour humaniser l’histoire et enrober les données scientifiques de l’expression d’une solitude transcendée, prolonger une vision de la théorie de l’évolution et de l’extinction des espèces jusqu’à effleurer des réflexions science-fictives sur la Cause Première aristotélicienne et la prédétermination dans l’hypothèse d’une guerre cosmique entre mammifères et reptiles. Dans son ensemble le texte a le mérite de ne pas sous-estimer la capacité de compréhension des enfants de l’âge de Barry et de lutter contre les idées reçues sur les dinosaures comme sur leur apparence, même si Stephen J. Gould est obligé de tempérer dans sa postface sur ce point et sur d’autres l’optimisme coloré et enjoué de Jean-Pierre Andrevon qui de toute façon n’apparait pas au travers des illustrations en noir et blanc de Silvio Cadelo, formant un livre qui mélange une base scientifique à un développement de science fiction saupoudrée de fantastique dans des thèmes qui correspondent bien à l’écrivain.