
Les ravisseurs d’éternité 3
Un commando de la secte de la Congrégation de la Foi Retrouvée tente d’intercepter un convoi de malades catatoniques du syndrome Karelmann en direction de Nouvelle-Jéricho où ils sont tous rapatriés. Pendant le voyage les comateux se mettent à bouger quelques minutes.
Cette fois le passage d’un tome à l’autre se fait sans transition avec la présence d’Eric Wagner, le chef de la police, dans un contexte de contestation et de d’émeutes, surtout dans le quartier Sôroum. Charlie Jimba prend le relais de Hermann Strawn en tant qu’enquêteur et Karen Anderson entrevoit enfin la culpabilité de Wagner, la première couche de mystère se dissipe et demeurent les questions sur les raisons derrière la schizophrénie suicidaire du chef de la police, sur la nature du syndrome et son lien avec les conflits politiques et commerciaux au sommet de la société, faisant écho à la nébuleuse possibilité d’une immortalité. Le récit prend le temps de récapituler l’enquête de Strawn, pour être lu indépendamment, englobe les deux premiers tomes et le complot se révèle presque entièrement, l’immortalité de Ram Friedlander, Shangri-La, la seconde personnalité de Wagner implantée et la fausse épidémie qui fait de la place dans les corps pour les transformer en véhicules, menant à un nouvel embranchement dans l’évolution de l’espèce humaine. L’histoire dans son ensemble est un peu éclatée mais garde une certaine unité cohérente, l’aspect fantastique et science-fictif étant canalisé par le côté thriller et polar, l’ambiance est de plus en plus prenante et tendue, parsemée de bonnes idées comme les films muraux sur les parois des tunnels ferroviaires, la mise en abyme allégorique des trois toiles de Maitres ou celle humoristique du caméo de l’écrivain Scovel. Reste la frustration de l’annonce du quatrième et dernier volet, Les Froisseurs de temps, jamais publié.