Le syndrome Karelmann – Jean-Pierre Fontana & Alain Paris

Les ravisseurs d’éternité 2
Bobby Karelmann est pris soudain de démangeaisons très douloureuses pendant sa performance avec son groupe dans une boite et le concert terminé il tombe dans le coma, recouvert d’éruptions cutanées. Rudo Chiern est un tueur à la double identité, engagé pour faire exploser deux établissements de Nouvelle-Jéricho dans le quartier malfamé de Sôroum. Sayelma est une prostituée qui en pleine passe subit un violent accès de prurit la conduisant à l’inconscience et la catatonie.
L’unité géographique est assurée avec le précédent volet mais les personnages changent et prennent plus d’ampleur en comparaison, mieux caractérisés par une narration partagée dans des lignes évènementielles parallèles et destinées à se rejoindre au milieu d’une histoire d’épidémie mystérieuse. La mièvrerie du premier tome a disparu, remplacée par une ambiance sexualisée et trash, la linéarité de l’action laisse place à une partition de trajectoires nerveuses. Vers la moitié du livre, le Professeur Ram Friedlander réapparait fugacement et le personnage de Karen Anderson surgit pour faire le lien avec Dernier étage avant la frontière, figure féminine d’une autre ampleur que Caprice, de la même manière l’ex-Ninja Hermann Strawn ouvertement méchant et devenu enquêteur pour l’occasion est plus consistant que Verne. Le texte est moins monolithique mais plus éparpillé, il corrige certains défauts de son prédécesseur mais perd en simplicité inexorable et implacable en vue d’une fin à révélations égocentrées. Malgré tout, les dialogues acquièrent enfin une certaine solidité, proche du polar, le ton est plus adulte et le seul personnage caricatural est un homme, Tony l’amant transi de la volontaire Karen. Le microcosme du quartier Sôroum est présenté plus en détail, carte en début d’ouvrage à l’appui, montrant que le véritable personnage principal est Nouvelle-Jéricho.

Laisser un commentaire