Dernier étage avant la frontière – Jean-Pierre Fontana & Alain Paris

Les ravisseurs d’éternité 1
Le Professeur Ram Friedlander est un biologiste spécialiste du clonage qui a inventé la musique sensitive constituant une expérience synesthésique pour l’auditoire en transe. Il est assassiné en pleine représentation de sa dernière œuvre et Verne De Velt, jeune étudiant, apprend qu’il hérite de sa fortune et de documents scellés.
Ce livre est une plongée paranoïaque, une course effrénée pour échapper à des tueurs dont un Ninja et des policiers inflexibles d’un héros totalement perdu face à des enjeux qui le dépassent, le condamnant à bannir tout immobilisme. Sans être une orgie d’action, le récit trouve un rythme, se consacre à la vie dans Nouvelle-Jéricho, capitale enclavée à l’écart de la nature sauvage depuis la troisième guerre mondiale, dans une dystopie de société de contrôle, puis s’aventure dans les souterrains abritant les industries et une population de marginaux. Les personnages secondaires entrent dans le champ narratif linéaire de Verne et en sortent à volonté, développant tous un mystère sur leurs intentions et poussant insidieusement l’étudiant au doute hyperbolique, même concernant Caprice sa petite amie. Les relations entre protagonistes traduites par les dialogues sont formellement datées, en particulier l’amour exagérément naïf entre Verne et Caprice qui rend la jeune femme transparente, à dessein l’idée n’est pas forcément mauvaise, renforçant Verne comme centre de l’histoire dans sa paranoïa justifiée, mais un peu pénible à lire. Le couple finit par sortir de la ville et se laisse mener au château de Shangri-La, domaine à la beauté paradisiaque où les révélations jaillissent et les thématiques se rejoignent dans un complot basé sur la génétique, la dystopie politique et la mégalomanie du savant fou. Le texte joue vraiment son rôle introductif de premier tome d’une trilogie et recèle des potentielles promesses pour la suite dans son déroulement volontaire, à l’image de Verne s’échappant avec Caprice de Shangri-La avant d’être repris.

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