L’atoll des Bateaux Perdus – G.-J. Arnaud

Ugo Cardone, son équipage et son cargo stagnent dans le port d’Adelaïde et se laissent donc engager par trois inconnus pour ravitailler un équipage en déroute au milieu de l’océan.
Cette histoire d’aventure maritime suit les codes du genre avec le vocabulaire adéquat, la présence d’un trésor, une histoire d’amour et une action pleine de vitalité dans une ambiance épaisse d’alcool et de saumure. Le récit tire sa particularité de son jeu subtil avec le thème du voyage dans le temps, mettant un pied dans le steampunk sans vraiment en être, introduisant la technologie de 1935 dans un contexte qui gravite autour du XVIIIe siècle et développant un combat sociopolitique populaire de libération qui rejoint une quête personnelle de simple liberté d’un aspect fantasy. L’anachronisme constant contribue au divertissement par ce décalage permettant une action plus spectaculaire dans le climax d’une lutte contre la dictature, anomalie dans le monde de la piraterie incarnée dans l’enclave de Fantom-Harbor, où s’enchevêtrent la décrépitude, le despotisme et la folie religieuse. Mélange de classicisme et de modernité, ce roman a la bonne idée d’être ancré dans l’entre-deux-guerres tout en conservant une énergie de cape et d’épées qui fait écho à l’habillage respectueux des aventures de flibuste et à leur légèreté.

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