
Laird Walker revient à Londres après deux ans d’absence pour rendre visite à son ami Sammy Logan, découvre alors qu’il est mort d’une crise cardiaque et rencontre sa sœur et sa femme qu’il ne connaissait pas.
Sans le premier chapitre décrivant la mort de Sammy dans une ambiance de fantastique, le développement du récit correspondrait à un polar plutôt classique, une enquête autour d’un mort à la vie compartimentée qui réunit ses proches et ses diverses relations. Le roman repose sur un mystère diffus et sa galerie de personnages illustrant l’illusion sociale et artistique qui règne derrière l’opulence et la dissimulation, soutenues par une certaine tension sexuelle. L’ensemble débouche sur une histoire de savant fou, faisant un pas vers la science fiction par la chimie et la psychologie. Ce livre est assez étrange, lézardant longtemps sans action véritable mais bien construit, exclusivement en préparation de l’apothéose des dernières pages faite d’horreur biologique et de visions éminemment lovecraftiennes, restant tout de même matérialiste mais insistant aussi sur le rôle central de la mémoire par son pouvoir d’évocation et d’invocation.