La princesse de Crève – Kââ

Un électron libre s’en prend aux criminels, pas de quoi faire de lui un saint mais il a le flegme de l’intelligence et un sens aigu de l’esthétique. Justement, dans un restaurant il rencontre une femme au charme mystérieux, au point d’avoir des tueurs à ses trousses.
Le côté polar intense, alliant balistique et sensualité, est maximisé par l’utilisation de la première personne du singulier, donnant à entendre les réflexions d’un héros naturellement paranoïaque mais indéfectible épicurien, prompt à utiliser les calibres, enchainant clopes et whisky, cerné par la gent féminine fascinante, entouré par des criminels plus ou moins présomptueux. La référence régulière à la philosophie apporte à l’histoire une sorte de recul blasé alors que l’humour plein de verve donne au savoir académique des illustrations intelligemment iconoclastes. Pour éviter la simple accumulation de poursuites et de fusillades, l’action pourtant très soutenue est encadrée par une enquête à la fois policière et judiciaire menée par des personnages à la caractérisation intense, rendant ce roman trépidant et raffiné avec un constat amer sur l’humanité.

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