Memoranda – Jeffrey Ford

Après Physiognomy, Drachton Below est de retour avec une attaque chimique sur la communauté de Wenau, provoquant chez ses habitants une narcolepsie dont ils ne peuvent sortir. Cley décide de retrouver son ancien maitre dans les ruines de la Cité Impeccable pour disposer d’un antidote. Mais Below a été touché par son produit et il est veillé par un démon drogué qui se présente comme Misrix, son fils. Cley va plonger dans l’esprit de Below pour y dénicher une solution. Étant transféré dans son imagination et sa mémoire il peut croiser à nouveau des personnes décédées et doit affronter des situations à l’étrangeté potentiellement infinie.
Le texte est toujours aussi loufoque dans ce polar SF, plus abstrait que le précédent et toujours basé sur le symbolisme, la conscience de soi et la nature fractale de la réalité. Cley est enfermé dans un écrin fantasmagorique peuplé de souvenirs vivants et sujet à l’entropie, d’où la nécessité de s’échapper avant l’oblitération. Jeffrey Ford convoque d’une manière subtile le précédent roman, les évènements et les personnages, au moyen de réminiscences incarnées, de l’illusion et de la paranoïa. En découlent des rebondissements métaphysiques mêlant sensation et vision dans une mise en scène plus théorique d’un paysage interne, pour voir s’épanouir le côté aventure un peu fantasy, un voyage virtuel qui fait penser à Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, avec quelques passages cyberpunk. Sur fond de dilemmes éthiques, Jeffrey Ford donne à Drachton Below une ampleur énorme et une profondeur mythique, un esprit d’amour et de folie.

Laisser un commentaire