Physiognomy – Jeffrey Ford

Cley est un grand adepte de la physiognomonie, ce qui lui permet de confondre un coupable après examen physique. Il mène une enquête sur le vol d’un fruit, censé apporter l’immortalité à la personne qui l’ingère, dans une petite ville de mineurs, véritable fête foraine surréaliste peuplée d’idiots agités à la folie absurde semblant sortir d’un film de David Lynch. Cley est hautain, drogué aussi, frappé par des souvenirs vagues, des suggestions farfelues et des hallucinations pleines d’un sens qui ne fait que fuir. Ses facultés physiognomoniques l’ont soudainement quitté et il engage une assistante discrète et plutôt douée pour trouver des indices dans les particularités physiques des suspects. La situation dégénère totalement et le Maitre Drachton Below, despote impitoyable, décide de reprendre le contrôle de façon radicale par la mise à sac du village, la récupération du fruit et l’arrestation de Cley suivie par sa condamnation à la mine sur une ile lointaine.
La première partie du texte est un délire symbolique égocentré, l’exercice du pouvoir descendant où un homme marche sur les autres en toute quiétude. Ensuite vient la chute de Cley, sous-fifre dispensable, dans une métaphore désabusée de la dictature et des méthodes ignobles pour la faire perdurer. Différentes réalités s’interpénètrent dans une folie vaine d’un polar un peu paranoïaque, un peu gothique et baroque, plein d’action et de fulgurances hallucinées faisant penser à Philip K. Dick.

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