
Même si on s’attend vainement à tout moment à voir surgir une référence appuyée à Cthulhu ou Dagon, même si la sexualité est beaucoup abordée, j’ai tendance à apprécier ce roman comme lovecraftien. Piñol a son style, concentré et poétique, très psychologique, torturé et fluide. Certains passages sont d’une très grande qualité littéraire dans cette confrontation entre deux hommes comme naufragés et un peuple d’humanoïdes venus des profondeurs de l’océan. En vrai huis clos d’extérieur, d’autant plus étouffant et vertigineux, le duo lutte pour sa survie, contre la peur immédiate et l’angoisse profonde. L’abject et le merveilleux s’entremêlent pour la confusion des sens et des esprits.
Avec le nombre très réduit de personnages, cette histoire qui se passe sur un petit îlot est très complète, dense et intense ; de la vraie bonne littérature sur le rejet de la différence et la guerre absurde.