
Cette nouvelle s’inscrit dans la tradition des quêtes oniriques, proche de la période correspondante chez Lovecraft à Kadath, quoique ici la transition s’opère de façon matérielle. Cohabitent logiquement l’altérité dérangeante, la beauté ravissante, le mesmérisme et une forme de nostalgie, un sens caché. C’est la poésie diaphane omniprésente qui apporte un certain onirisme à ce passage d’une dimension à l’autre. Puis ce pressentiment, cette menace se concrétise.
Tout est nuancé, la liberté devient perdition, la beauté est dangereuse, le péril est hypnotique, et la route est semée de doutes. Tout ça ressemble à un délire aigu de drogué, avec une distanciation par rapport à l’environnement et les évènements, une sorte de trip déstructurant.
Clark Ashton Smith a une prose superbe et il réussit à insuffler une modernité avec une portée cosmique, s’approchant de la science fiction, dans sa fantasy d’une puissance d’évocation incomparable, d’un lyrisme flamboyant.