
Le premier texte, H.P.L, est une biographie farfelue sous forme d’uchronie : « Et si Lovecraft était mort à l’âge de 101 ans ». Cet exercice de style, qui s’exprime essentiellement par sa structure, est propice à la légèreté mais aussi à une grande profondeur. C’est le propre de l’uchronie de questionner notre réalité. Roland C. Wagner projette sa vision de Lovecraft dans l’évolution de la littérature. Assez court mais suffisant (dans le sens où sous la forme d’entrées biographiques l’auteur nous invite à réfléchir), ce texte est bourré de références et de clins d’œil.
Ensuite, avec Celui qui bave et qui glougloute, il construit une variation steampunk sur le thème du panthéon lovecraftien, dans le contexte de la Conquête de l’Ouest américain. L’ambiance rappelle beaucoup Le tertre, texte composé dans le cadre de ses révisions. Les personnages sont confrontés à l’émergence d’entités extra-terrestres pendant un conflit opposant les indiens aux colons occidentaux. La nouvelle se lit facilement et on retrouve sa malice et sa fantaisie jubilatoire, son humour décalé.
L’ouvrage peut paraitre anecdotique mais il est solidement ancré dans la tradition des hommages au Maitre et cette édition est de très bonne qualité.