
Je garde dans un coin de ma tête la collection « L’aventure mystérieuse » chez J’ai lu, des souvenirs de franche rigolade mais aussi d’appel au voyage à la fois historique, archéologique et mystique. Les sujets traités sont très variés. Le contenu n’est jamais avare d’informations, toujours avec un équilibre instable entre fondations solides et élucubrations sensationnalistes, entre traité et roman. C’est une très bonne formation pour atteindre un niveau correct en occultisme, magie, ésotérisme… Pourtant il faut être capable de séparer les connaissances de base des exagérations délirantes. J’ai peur d’être le seul à m’amuser en lisant cette collection. J’ai envie de me rapprocher de Howard Phillips Lovecraft.
Ce livre est comme une enquête. Il faut d’abord poser les bases : tout ce qui concerne son panthéon cosmique et le Necronomicon reste flou, tributaire de témoignages plus ou moins véridiques. Lovecraft plaisantait dans ses lettres envoyées à Clark Ashton Smith, jouant avec la propagation de l’imposture du Mythe, ce qu’August Derleth poussera à son paroxysme. Colin Wilson y va de son hommage, digne du Maître. Entre biographie mystérieuse, histoires de magie, et cryptographie assistée par ordinateur, cette histoire ressemble à s’y méprendre, dans sa structure, à un écrit de Lovecraft. Des personnages sont confrontés au surnaturel, ils doivent décoder un manuscrit à l’aide de la science pour révéler ce qui est caché. Voilà pourquoi tout ça n’est qu’une mise en abyme qui cultive le mystère. La présence de Sprague de Camp comme co-auteur est révélatrice. C’est une expérience à la fois récréative en ayant un peu de recul, et finalement perturbante par sa profondeur.