
Naaren est tuée en essayant de protéger son bébé de Jorgön le lion noir et elle devient alors un fantôme errant qui se matérialise en vampire assoiffée. Inoka devient shaman et se lance à la poursuite du démon qui décime les peuples paisibles de la contrée.
Cette histoire de fantasy très sombre s’étend sur des milliers d’années, s’inscrivant de fait dans une dimension mythologique sur un fond shamanique de réincarnation et d’immortalité, dans une épopée tragique de personnages archétypaux et la destinée d’un peuple scindé par des manipulations ataviques à l’échelle d’un Empire. La magie s’exprime par le parallèle entre monde des vivants et celui des morts, interpénétrés à l’aide d’artefacts, par l’invention de cultes et la prédominance d’un sentiment de prédestination en dehors du temps, d’irrémédiable. L’ambiance d’emprise vampirique sur l’histoire géopolitique est de plus en plus présente dans une stratégie de contrôle individuel et collectif que la quête du héros solitaire doit déjouer. Le récit est d’ampleur, noir comme les illustrations sauvages de Saï, abordant des sujets d’une pesanteur mythique comme la tyrannie religieuse, la cruauté envers les enfants et l’inceste, ambitionnant de s’inscrire dans une tradition à la fois antique et shakespearienne, menant à une inconscience de l’Histoire et une volonté de la réécrire.