Bios – Robert Charles Wilson

Zoé Fisher est un clone, modifiée et éduquée par Avrion Theophilus dans le but d’étudier Isis, une planète à la limite des territoires occupés et pourvue d’une atmosphère saturée d’agents pathogènes provoquant une mort rapide et affreuse. Avant son départ, une chirurgienne a retiré à son insu son mécanisme biologique inhibiteur et, arrivée dans la station hermétique de surface Yambuku, Zoé est assaillie par des émotions tandis que des incidents provoquent des morts horribles parmi le personnel.
L’ambiance de claustrophobie et de danger est puissante dans cette tentative de cohabitation avec une altérité fondamentale, un inconnaissable létal. Les accidents s’enchainent et les employés sentent planer un destin funeste d’intrus inadaptés dans un confinement imparfait. L’exobiochimie est omniprésente dans l’étude du biotope d’Isis dépourvu de conscience telle que l’homme la conçoit. Robert Charles Wilson décrit un monde dévasté dans lequel la plupart des personnes sont hantées par une enfance ou des souvenirs cruels, où l’humanité s’est dispersée dans la galaxie et scindée au gré des maladies et des mutations génétiques. C’est une quête d’identité pour l’héroïne, dans un style simple qui va à l’essentiel par des ellipses qui recentrent l’action, pour qu’elle ne soit plus seulement un outil utilisé à des fins commerciales, prenant conscience que la vie est un tout dont on ne peut pas s’isoler, que la nature ne peut pas être enfermée par des frontières. Rien ne se perd, tout se transforme.

Ange mémoire – Robert Charles Wilson

Raymond Keller est un Ange enregistreur qui a été soldat boîte noire pendant la guerre, combattant journaliste objectif car tout ce qu’il perçoit est conservé dans une puce. Il rejoint Byron, ancien Ange amoureux de Térésa, une sorte de voyante tirant ses visions d’une pierre extra-terrestre. Ils se rendent à la source, au Brésil, à l’endroit où une comète s’est écrasée, pour comprendre le mystère de ces pierres fabriquées et gorgées d’informations à découvrir. Keller, médium de l’objectivité à force de discipline plus qu’individu, est confronté à ses souvenirs de guerre, Byron s’accroche à son amour en sens unique pour Térésa, obnubilée par la quête d’une révélation transcendantale et par son amnésie concernant son enfance.
Cette science fiction d’action cyberpunk est simple et efficace, développant des thèmes très variés et profonds comme l’identité et la mémoire, l’inégalité parmi les humains, l’injustice et le sentiment de culpabilité, la tolérance et l’empathie, les horreurs de la guerre. Le récit est dense, les personnages sont nuancés, le propos est très scientifique et psychologique, ce qui lui donne toute sa richesse, sa poésie sombre et angoissée.