Sixième colonne – Robert A. Heinlein

Les États-Unis s’écroulent sous l’offensive de l’Empire Panasiate au moment où Whithey Ardmore se rend à la Citadelle, une base militaire de recherche creusée sous une montagne. A son arrivée il découvre seulement cinq survivants à un accident lors du test d’une arme nouvelle mené par le Dr Ledbetter, mort avant d’avoir maitrisé son ingénierie révolutionnaire. Il reste donc trois scientifiques, trois simples soldats et Ardmore, ancien publicitaire, pour développer l’avancée technologique et organiser la résistance à l’envahisseur. La religion étant tolérée par les occupants, c’est par ce biais qu’ils décident de s’implanter dans les villes.
Avant l’invasion extra-terrestre vient, dans la thématique de l’étranger, un exercice de pensée anticipant les problèmes de la colonisation guerrière interculturelle humaine. La dénonciation du racisme soutient un pacifisme et un universalisme bien au-delà de la religion. La vivacité positive du récit ne masque pas la critique de l’impérialisme, avec un cynisme malicieux, en relativisant dans un miroir la position de vainqueur et en questionnant l’interventionnisme lors d’une guerre. Les questions du statut des civils innocents pendant le conflit et ensuite de la reconstruction politique du pays préfigurent la tentation viciée d’une utopie vouée à l’échec.

Une porte sur l’été – Robert A. Heinlein

Dan Davis, un ingénieur très doué pour créer des robots ménagers, s’associe à son ami Miles Gentry pour monter sa société et s’engage sentimentalement avec Belle Darkin, leur secrétaire. Subitement, Dan est trahi, spolié, et se retrouve seul avec Pete, son chat de gouttière amateur de ginger ale. Une série de péripéties mène Dan à une cryogénisation de 30 ans, pour s’éveiller avec des comptes à régler dans un monde différent.
L’aspect polar est plein d’humour, se basant sur une narration truculente, et repose essentiellement sur le personnage principal, naïf et malchanceux en amour comme en amitié, trompé, humilié et résigné face à la malice et au capitalisme sauvage qu’il ne comprend pas. Ce voyage dans le temps le pousse à enquêter sur sa longue parenthèse de sommeil. Flirtant avec le récit sombre, l’histoire baigne dans une sorte de mélancolie qui débouche sur une sagesse un peu désabusée. C’est un roman de science fiction divertissante et intelligente avec ce qu’il faut de science et de bon sens.