
Un pirate naufragé s’éveille devant Carcosa la Cité d’Ailleurs d’où jaillit la forteresse du Roi en jaune qui accroche les cieux. Accompagné par Maar l’aveugle, il part à la recherche du secret tapi en ces lieux derrière le voile.
Michael Roch délivre ici sa vision de l’Acte Second du Roi en jaune à travers l’histoire singulière et métaphysique d’un voyageur dans sa confrontation avec le Roi, à la lumière d’un tragique triangle amoureux qui baigne dans l’inéluctable. La démarche littéraire est vraiment en phase avec Robert Williams Chambers et le fantastique sombre toujours doublé de romance contrariée, la grandiloquence et le symbolisme, rappelant Le paradis du Prophète de Chambers, à la limite de la fantasy et en plein dans la poésie. Le lien est fait aussi avec James Matthew Barrie et Moi, Peter Pan mettant en scène l’enfermement dans un rôle, le passé qui s’estompe et l’aveuglement choisi jusqu’à la révélation cathartique et réflexive d’une évidence escamotée par des émotions tumultueuses. Certains passages du livre sont magnifiques de noirceur et de vertige mais la conclusion psychologique et vaguement philosophique détruit toute portée horrifique en s’extirpant du récit pour discourir à propos de la vie.
