
Une psychologue recueille par hasard Gern Enez Sanders qui se déclare perdu, après un voyage dans le temps s’étant mal passé, et poursuivi par des entités extra-terrestres du futur.
La situation science-fictive initiale repose sur le témoignage de Sanders, ses aventures au milieu des batailles en Gaule opposant l’Empire Romain aux peuples du Nord, jusqu’à son dernier saut insuffisant vers l’avenir. Le récit installe en profondeur l’ambiance paranoïaque, alternant les points de vue et ménageant les faux-semblants, conservant le plus longtemps possible un doute sur la véracité des souvenirs et les intentions des protagonistes, misant plus sur la tension que sur l’action. La menace d’un avenir prédestiné fait écho à la résistance de la trame temporelle aux modifications, clin d’œil astucieux à l’uchronie. La paranoïa se propage et les enjeux prennent des proportions à l’échelle des espèces dans une guerre temporelle qui unifie deux peuples fougueux contre une élite vieillissante qui s’accroche au contrôle de l’univers. Au niveau thématique le texte part dans tous les sens et couvre tous les domaines de la science, physique et chimie, neuropsychologie qui soutient le côté thriller, jusqu’à la télépathie, la télékinésie et la présence de robots. Mais l’histoire est solide, bien construite, le personnage féminin est central, la narration est subtile, décrivant la situation générale de manière indirecte pour éviter le simplisme et former un roman intelligent.


