Bleu, blanc, sang

Dans Le bel âge de Claude Amoz, Louise fête son septième anniversaire pendant les vacances avec sa mère et ses grands-parents. Ils lui offrent un poupon qui réveille chez eux le traumatisme de la perte d’un enfant, une prison mentale et un enfermement circulaire mortifère.
Dans Le colombo d’agneau de Brigitte Aubert, Georges rumine sa vie minable auprès de sa femme et de sa belle-mère.
Dans Rumeur programmée de Jean-Pierre Bastid, Saint-Just est un ancien juge devenu un notable meurtrier aux motivations eugénistes et socialement hygiénistes.
Dans L’âge de pierre de Stéphanie Benson, Aïcha est prisonnière de la dictature de vie islamiste en Afghanistan.
Dans 5397 d’Henri-Frédéric Blanc, une infirmière quotidiennement meurtrière raconte son activité à un écrivain alité.
Dans Rose à l’arête de Virginie Brac, Adèle après sa sortie de prison participe à une émission de télé-réalité pour gagner de l’argent et récupérer sa fille.
Dans La onzième plaie de Philippe Carrese, Marseille est polluée, paralysée politiquement et envahie par les mouettes.
Dans A la rasbaille ! A la rasbalha ! de Gilles del Pappas, un proxénète marseillais part à la recherche d’une de ses filles et la retrouve auprès de vieux boulistes en pleine partie. Cette nouvelle intense est un hommage nerveux à Marseille et à la Corse.
Dans De si gentils petits chats de Jean-Paul Delfino, une jeune retraitée élimine une vieille dame pour clôturer le viager qu’elles ont signé des années plus tôt.
Dans Black start up de Gérard Delteil, le créateur d’une start up en difficulté est retrouvé mort par balle dans son bureau fermé de l’intérieur.
Dans Le mobile d’Alexandre Dumal, le commissaire Fontaine élucide trois meurtres commis par un ancien taulard nostalgique de son enfance.
Dans Maktaris Hôtel de Jeanne Faivre d’Arcier, trois touristes français font halte dans un hôtel en plein désert tunisien et vivent une nuit mouvementée.
Dans D’où vient la poussière ? de Pascal Garnier, à la Libération trois membres FFI tentent de débusquer une collabo.
Dans Caveau de famille de Max Genève, Simon est un détective traqué par des malfrats qui voulaient l’enterrer vivant après son intervention lors d’un braquage.
Dans Intouchable de Sylvie Granotier, François a 14 ans et trouve son père, immigré indien et travailleur exploité vivant dans la misère, massacré chez eux.
Dans SIG P.210-2 de Kââ, Xavier et Franck sont deux tueurs à gage qui rencontrent Fleur, une jeune femme manipulatrice et vénéneuse.
Dans La provocation de Jérôme Leroy, le baron Eugène Lépingle-Stone subit la vengeance de Nasser Blanqui, un homme du monde du dehors à l’existence dérisoire dans une dystopie socio-politique de science fiction.
Dans Des clous dans la tête de Michèle Lesbre, Fatoumata est la fille d’un expulsé malien, passionnée par les livres et victime d’un crime raciste.
Dans Le compte est bon d’Emmanuel Loi, Pavel est témoin d’exactions pendant la guerre dans les Balkans.
Dans Des noms de fleurs de Marcus Malte, quatre adolescents lancent un coup d’éclat désespéré pour dénoncer les dangers de l’énergie atomique.
Dans L’ombre des roses de Nadine Monfils, une jeune femme vit d’amours impossibles et de fantasmes intemporels.
Dans Cacaba round d’Achille F. Ngoye, un africain naturalisé est trompé et exploité par sa femme choisie dans son village natal par sa famille.
Dans Le doigt dans l’engrenage de Franck Pavloff, Boris retourne à Nîmes sa ville natale pour se venger 30 ans plus tard de Pradal son ancien professeur d’anglais dans une histoire à rebondissement qui montre le problème du harcèlement.
Dans Le plus vieux pêché du monde de Chantal Pelletier, Martha décide de refaire sa vie à 69 ans après la mort de son mari mais sa famille n’est pas d’accord.
Dans Infamie de Marc Villard, un photographe de guerre ayant en sa possession des clichés compromettants d’un homme politique se réfugie parmi les SDF dans le quartier des Halles à Paris.
Les nouvelles de Gilles del Pappas et de Kââ sont des bijoux de polar noir un peu gore et intense.

Noir Roussillon

Dans Tu n’as rien vu à Collioure de Jérôme Leroy, Alain Marcillac est un ancien enseignant et un écrivain raté qui a produit quelques romans trash et gore avant de sombrer dans l’alcoolisme et la sécheresse de l’inspiration, quitté par sa femme. Cette mise en abyme littéraire est cauchemardesque, posant dans une ambiance délétère la question de façon irrationnelle de la responsabilité des auteurs, expression de la crainte de propager un poison.
Dans Tramontane à Rivesaltes de Francis Pornon, une jeune femme est kidnappée puis séquestrée dans un baraquement en ruine du Camp Joffre par un toxicomane. Cette région est un sol d’accueil et cette terre engloutit jusqu’à la pire des manifestations de l’entropie.
Dans Post-mortem de Gilbert Gallerne, les neveux du vieux Léon discutent juste avant l’enterrement de l’héritage inespéré qu’il leur laisse. Cette nouvelle souligne le décalage des générations d’une façon implacablement ironique.
Dans La dernière fanfare de Gildas Girodeau, Fernand Costes est chargé de l’enquête sur la découverte du cadavre torturé d’un homme politique de gauche en pleine élection présidentielle. Cette nouvelle désabusée anticipe l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite, avec une touche de gore.
Dans Crime presque parfait à L’Indépendant de Bernard Revel, l’inspecteur Barthès enquête sur le meurtre d’un documentaliste, dans une histoire assez classique de chantage et de guerre d’égos dans le milieu du journalisme bien connu de l’auteur.
Dans Pirate de Serguei Donnovetz, un chat de gouttière raconte dans un récit malicieux sa courte vie au contact des hommes capables du meilleur comme du pire.
Dans Le Bibliophile de Catherine Rabier-Darnaudet, une femme rencontre son vieux voisin qui vit dans une pièce emplie de livres. Cette nouvelle sublime les espoirs et les regrets, l’incidence matérielle de la lecture.
Dans Le Gypaète de Sauto de Daniel Hernandez, un détestable braconnier est retrouvé mort lors d’une battue, dans un conte montrant que la nature réagit à l’agression humaine.
Dans Flou de Guillaume Clavaud, Stephan Lakers est un photo reporter qui se fait poignarder en se rendant à la soirée de clôture d’un festival. Frédérique a trouvé dans la rue un carton d’invitation à cette soirée. Cette nouvelle est une illustration fatale de la pure guigne et de la misère sociale si banale.
Dans Le nœud du problème d’Eric Dardill, Marc Dubois reçoit George W. Bush dans son cabinet de chirurgie esthétique pour remédier à son problème de micropénis, dans une comédie entre réel et fiction, incrédulité et projections psychologiques.
Dans Tarifa, cinq heures de Michel-Julien Naudy, José Texeira est engagé à sa sortie de prison pour convoyer une valise d’argent sale par le train. Une poésie brute découle du besoin de libération et du poids du passé, dans une ambiance frénétique et oppressante.
Dans Last exit to Cosprons de François Darnaudet, un écrivain tombé par hasard sur un vieux compère qui a réussi dans le milieu. Ce témoignage présente l’homme véritable derrière la création d’un mythe personnel littéraire et médiatique.
Dans Ego de Gil Graff, une artiste peintre a perdu la flamme créatrice en épousant un galeriste ambitieux, dans une mise en abyme psychologique sur la création et la frustration.
Dans Passage de Philippe Salus, un médecin rejoint des amis à une soirée du nouvel an malgré une déception amoureuse.
Dans Le Rouge du Roussillon de Jean-Bernard Pouy, un homme plante un abricotier pour sa mère, avec un délicieux humour noir.