Les contes du whisky – Jean Ray

Dans ce recueil de 1925 Jean Ray développe un univers bien marqué, se situant à Londres, dans la pauvreté et la criminalité. Le whisky est comme un personnage principal, seule chose ravissante et inspirante. Les contes sont autant de chapitres angoissants, magnifiquement ciselés. L’atmosphère est lourde, froide et humide, une menace criminelle flotte des quais embrumés à un bar louche. Jean Ray est un conteur hors pair, saisissant la fugace beauté comme la corruption la plus abjecte. Les personnages forment une ménagerie déliquescente et hallucinante.
Ces contes fantastiques sont noirs, et admirablement composés, ils sentent la misère industrielle et les marais clapotants, les voyages exotiques et les mystères insolubles.

Malpertuis – Jean Ray

Jean Ray nous offre une chronique familiale très classique autour de personnages truculents et d’une maison remplie d’évènements surnaturels. Le style littéraire est suranné (ce qui lui donne un charme provincial certain), typique du début du XXe siècle dans une sorte de huis clos théâtral à l’ambiance pesante, crasseuse et humide. Dans le cadre d’une succession, avec une fortune à la clé, cette galerie de personnages s’installe dans cette demeure maudite, sombre et désolée. On trouve beaucoup de points communs avec Howard Phillips Lovecraft.
C’est donc une histoire d’épouvante datée et diffuse, d’une ambiance poussiéreuse et étouffante. La première moitié du livre est une mise en place qui peut rebuter, mais ensuite les évènements paranormaux et les révélations s’enchainent pour lever le voile sur un mystère occulte et macabre.