Sanctuaire – James Herbert

Une fillette sourde et muette guérit miraculeusement, avec pour premier témoin un journaliste plutôt banal. Il se passe des évènements surnaturels lorsqu’elle se trouve près d’un vieux chêne, non loin de la petite église du village. L’histoire parait dans le journal local et, malgré la réticence des autorités religieuses, lors du rassemblement dominical, des guérisons surviennent. La situation reste instable entre le journaliste, éternel sceptique, son amie qui retrouve la foi, les responsables locaux tirant des plans sur la comète, les catholiques peu pressés d’officialiser l’extraordinaire et les proches de la jeune fille voulant la préserver.
James Herbert mise surtout sur l’ambiance, avec des personnages approfondis, et développe l’histoire à la périphérie de cette fille habitée par une puissance supérieure, centre du récit qu’on ne rencontre presque pas. Il s’attarde sur des lieux habités, du suspense très bavard et de l’action par les traditionnelles et excellentes scènes gore. Comme toujours, c’est très bien écrit, construit avec malice, avec quelques longueurs qui participent à l’atmosphère menaçante. La religion est traitée par un biais paranormal, surnaturel, qui peut s’apparenter à de la magie, une émanation qui se propage, avec en toile de fond les contes macabres pour enfants.

Le sombre – James Herbert

Bishop, un enquêteur en paranormal un peu sceptique, est poussé à chercher la cause d’une frénésie sanguinaire (meurtres, suicides et incendies inexpliqués) dans une rue étant manifestement le centre d’une activité suspecte. Il est partagé entre son obsession pour la chasse aux charlatans et son histoire personnelle troublante ; les investigations débutent par une maison dans laquelle il a été découvert un charnier quelques mois plus tôt. La fille d’un dignitaire spirite l’accompagne dans ses recherches. Ce qui ressemble à une très classique histoire de maison hantée et de fantômes se transforme en une épidémie de possessions démoniaques pas plus originale, avec sa secte manipulée par le mal à l’état pur. James Herbert ménage le mystère en excluant à aucun moment la possibilité d’une hystérie collective avec hallucinations, se reposant aussi sur une vision scientifique de la nature du mal biblique.
Comme toujours avec cet auteur l’histoire est bien écrite, les passages gores font presque oublier d’autres un peu bavards et certaines descriptions un peu longues. La bonne idée est d’avoir étiré le temps narratif, avec des ellipses bien placées, pour montrer l’ampleur de ce qui devient une catastrophe façon invasion de zombies.

Survivant – James Herbert

Cet auteur est assez réputé dans le genre, je choisis donc par hasard, dans sa littérature fantastique, Survivant. Habitué aux collections Epouvante chez J’ai lu et Terreur chez Pocket, il déroule une histoire de crash aérien entre surnaturel et scènes sanglantes. La narration fonctionne à merveille, par sa solidité stylistique et les descriptions immersives des actions et des décors. Certaines scènes sont décrites selon plusieurs points de vue avec talent. Seuls quelques passages sont dispensables sans être désagréables. Une fois la lecture terminée il reste un sentiment de confusion diffuse. L’histoire se termine par un twist pas si fou que ça, mais c’est un livre de bonne qualité, plutôt prenant et droit dans la tradition de ce genre horrifique.