
En plein délire paranoïaque antiféministe, un après-midi de décembre 1989 à Québec, Jamal Ghazali alias Gabriel Lacroix entre dans Polytechnique et tue froidement 14 jeunes femmes avant de se suicider. Il laisse derrière lui de l’incompréhension, de la tristesse et de la colère mais aussi de la culpabilité.
Torturé en Algérie, son père était violent, ils ne se sont pas revus depuis le divorce, sa mère engagée dans la communauté catholique est effondrée, sa sœur n’a eu qu’une overdose comme avenir. Tous les hommes présents lors du drame se sentent lâches et indignes de vivre. Les répercutions concernent les individus mais aussi la société en pleine transition qui cherche les causes et les responsabilités dans un contexte culturel et politique. La violence est un poison qui s’infiltre durablement et produit des effets paradoxaux, les conditions d’une séparation aveuglante des sexes.
