Résurgences – Ayerdhal

Un sniper surentrainé, persuadé d’avoir abattu la tueuse transparente, insaisissable, mais elle se réveille au secret, paralysée et amnésique. Stephen, par son implication passée, est approché par Caher, un ambitieux de la DST. La tueuse fantôme est toujours aussi présente, comme une mélodie générique persistante, un écho infini, un reflet distant.
Ce polar, avec un fond géopolitique et des préoccupations sentimentales, est sombre avec des fulgurances plus lumineuses et poétiques. Retrouver les personnages est un plaisir qui solidifie le diptyque. La chasse au sniper surdoué ravive l’historique des activités clandestines menées par les différentes agences et officines. Comme dans le premier tome l’histoire repose sur la psychologie, le mystère, l’enquête un peu cyber, une existence très incertaine. Le thème, en transparence, reste focalisé sur la confrontation entre le cynisme des puissants qui gonflent les conflits armés dans le monde et le destin des enfants martyrs, la déshumanisation expérimentale qui génère des monstres, le machiavélisme irresponsable de la Guerre Froide des années 90. L’immersion dans l’univers des tueurs à gages et du renseignement oscille entre la vitalité de l’action et des moments de recul profonds, lucides et d’une tristesse poétique.

Consciences virtuelles – Ayerdhal

Dans un futur proche, toutes les communications passent par Transcam, une station orbitale dirigée par Caine Pauland, auprès duquel l’ONU a affecté Asunción Bailar, jeune enquêtrice virtuose de l’informatique qui chasse l’influence du MAC, un consortium financier. Sur Terre, Vlad enquête pour Interpol à propos des membres et dirigeants encore en vie du Gestalt, un groupe de recherche en cybernétique qui a enfanté une frange terroriste.
Dans ce court polar très rythmé qui baigne dans le cyberpunk, Ayerdhal anticipe la prédominance des communications dans le commerce, affirme l’impuissance d’un semblant de gouvernement mondial et pose comme décor les ingérences et les exactions de groupes d’influence. Le style est fluide et l’action ne faiblit pas, les personnages sont succinctement développés mais tiennent leur rôle dans l’enchainement de meurtres et de suicides, d’attentats, d’espionnage et de contre-espionnage. Cette ambiance paranoïaque et ce déroulement coulant de l’histoire sont les principaux atouts du livre, dense et varié, pessimiste et cynique.

Transparences – Ayerdhal

Stephen est un psychologue criminologue chargé par Interpol d’enquêter sur l’histoire à demi effacée et les prétendus agissements d’une tueuse surdouée, impitoyable et insaisissable. Aidé par la fille d’une confrère qui a suivi la jeune meurtrière et un SDF qui connait la transparence d’une vie. Stephen et ses collègues doivent prouver son existence ou au moins trouver des traces de son passé. Elle est l’arme parfaite, qui coule dans la foule et pique dans une danse mortelle, son image est floue et les témoignages la concernant sont contradictoires ou inexistants. Une longue traque commence pour approcher la tueuse en série globe-trotteuse, perturbée par les collaborations internationales, les cachotteries et les manipulations. L’idée de la présence transparente est poétique dans une métaphysique de la rareté, de la beauté furtive, de l’absence obsédante et de l’impermanence omniprésente. Rencontrer cette tueuse et s’en souvenir est un privilège.
Ce polar sombre est une crise psychologique, le héros est dans une remise en question de son métier, de son équilibre, une lutte contre la paranoïa et l’angoisse. Sur fond d’espionnage et de méthodologie psychologique occasionnant de longs passages informels, les rares moments d’action sont un vent d’air frais à la chorégraphie millimétrée et implacable. Les références affichées vont de Roland C. Wagner à Sun Tzu en passant par Jean-Jacques Goldman sur un fond scientifique et philosophique très solide.