Bifrost 24

Dans L’Aventure de la cité ultime de Sylvie Denis, Holmes et Watson sont enlevés et transportés dans le lointain futur pour débusquer un meurtrier qui sévit dans la colonie lunaire implantée pour fuir la Terre et ses guerres. Cet exercice de style maitrisé se situe à la confluence de la science fiction, du policier d’observation, de l’uchronie, de l’utopie devenue dystopie et des petites facettes de fantasy, de steampunk et de cyberpunk. Ce foisonnement est survolé par l’ombre de la toxicomanie de Holmes et par la menace insidieuse de l’oisiveté.
Dans Solip : système de Walter Jon Williams, Reno reprend conscience dans le corps de Roon. Cette nouvelle est la véritable suite de Câblé, s’attardant sur la personnalité résiduelle de Roon entraperçue dans le roman et sur le cadre de vie confidentiel des orbitaux destiné à disparaitre dans un holocauste de l’immoralité. Le texte est d’une noirceur insondable, dévoilant la face cachée de Câblé et clôturant la trame de l’humanité asservie, devenant un complément indispensable présent dans Câblé + depuis 2004.
Dans Storm Constantine : les nouveaux livres de sang, Johan Scipion mène l’interview de l’autrice anglaise, peu traduite en français, qui clame sa fascination pour les anges déchus, pour une fantasy à la richesse sociologique exotique, pour une magie libérée et basée sur le channeling intime, pour le mouvement gothique.
Dans Super les héros ! : Alan Moore de Philippe Paygnard, la carrière du scénariste est présentée avec comme jalons des œuvres qui ont fait basculer les comics au-delà du manichéisme originel et présenté des récits plus profonds et adultes, une liberté créatrice indépendante le menant au conflit avec DC Comics.
Dans Alan Moore : dans les brouillards de Londres, Johan Scipion mène l’interview du scénariste à l’occasion de la sortie de From Hell au cinéma, dans laquelle il présente sa façon de travailler avec les dessinateurs et exprime bien son besoin de liberté dans la création, le tenant éloigné d’une industrie cinématographique aux exigences commerciales et financières trop contraignantes à ses yeux.
Dans Notes sur le genre Fantasy : A la recherche d’une définition d’André-François Ruaud, il tente parallèlement à son livre Cartographie du merveilleux de préciser les caractéristiques à la base des récits de fantasy, s’attardant sur la magie et un univers matériel secondaire, qui peuvent se combiner pour faire entrer dans le genre un monde primaire modifié par un merveilleux subjectif.
Dans Scientifiction : Planètes à gogo ! de Roland Lehoucq, les conditions de l’apparition et de l’épanouissement de la vie sur Terre sont détaillées et forment une catégorie de planètes habitables, ensuite comparées au profil de Krypton.
Dans Amazing Stories, une sensationnelle histoire : Troisième partie, les années 40 de Mike Ashley, la publication sous la direction de Raymond A. Palmer cultive une nostalgie pour les premiers pulps, opposant sa légèreté au sérieux d’Astounding Stories, par des auteurs maison et surmontent les difficultés du temps de la guerre en Europe par un occultisme excentrique initié par Richard S. Shaver.