
Ce court essai de 2014 présente l’extension de l’univers de Star Wars dans différents supports culturels avec pour cadre le cheminement derrière l’exposition Alphabrick de la Maison d’Ailleurs.
La nature hybride de l’œuvre originelle se prête parfaitement aux volontés d’enrichissement formel, se basant sur une science fiction épique d’inspiration mythologique, une fantasy d’aventure à la puissance mythique, une narration d’ampleur philosophique et poétique qui emprunte ses codes au conte initiatique, à la tragédie antique et la geste médiévale, au western sous influence asiatique et surtout une cosmogonie de personnages, de lieux et d’un univers sonore emblématique aux possibilités d’approfondissement infinies. La démarche initiale du film prévoyait en sus l’édition concomitante du roman et de comics dans des débuts un peu anarchiques qui vont se structurer à des fins commerciales évidentes. La suite logique se situe dans le manga, l’animation, les jeux vidéoludiques et les figurines, forgeant une assise définitive dans la pop culture.
L’illustration est passionnante du rôle véritable, avant la collection, de la figurine en tant que jouet dans une dissection des films permettant d’en extraire les détails d’une structure narrative discrète et sécable à loisir pour mettre en valeur un des personnages principaux dans une situation précise avec ses accessoires idoines ou même un personnage dérisoire qui ne demande qu’à exister et sortir de l’anonymat. Les passerelles entre la trilogie et la prélogie sont facilitées par des schémas archétypaux qui se répètent dans les rôles et les actions, facilitant la perpétuation du jeu d’une génération à l’autre. Dans ce foisonnement, la volonté de produire des objets de collection mène à une mise en abyme d’historicité et de variations autoréférencées qui proclame d’autorité sa propre dimension mythique. Ensuite, le passage de la licence chez Lego non seulement correspond à merveille à l’importance du bricolage dans les films mais aussi ferme la boucle, tout en ouvrant l’horizon, par un retour vers l’animation et les jeux vidéoludiques.