
Nicolas Courot est un réalisateur sur le déclin, à l’alcoolisme tenace et à la vie familiale dissolue, Lill sa femme qui veut divorcer et Jérôme leur fils qui lui réserve uniquement un dédain distant. Le flamboyant Daniel Zuchetto, après avoir engagé la photographe Adine Fischer, propose à Nico de rejoindre son projet de documentaire sur les Païulas de la Vallée Manto, chercheurs d’or du centre de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Dès le premier chapitre, l’aspect étouffant du polar et exotique de l’aventure s’imposent autour du meurtre de Dimanbal, un mineur dont le magot de pépites parvient dans les mains innocentes de Nico et Adine, installant leur condition précaire d’étrangers au milieu d’un enfer synesthésique de pluies diluviennes, de brume poisseuse, de la fumée asphyxiante des feux de bois vert, de boue lourde et du vacarme incessant des singes et des volatiles. La suite entrelace les épisodes narratifs de la préparation de l’expédition à Paris avec le désarroi bipolaire de Nico, l’arrivée à Port Moresby et la rencontre avec Naak Bori Le Chanteur un autochtone installé dans la ville touristique et chargé de les introduire auprès des Papous Milliardaires tout en assurant leur protection, leur voyage sur les pistes défoncées jusqu’à Gounbedin le camp des chercheurs d’or. Cette construction éclatée du récit permet de développer chaque personnage en maniant un mystère qui s’efface doucement derrière la tension extrême d’une situation surréaliste, avec l’attente d’une étude ethnologique qui n’apparaitra pas, étouffée par la dure réalité de l’intrigue simplement moderne de manipulation hypocrite et de cupidité dévorante, dans une ambiance de plomb à la noirceur insondable faisant des Antipodes un piège insensé et la mort des illusions.